Patrizia a un avis sur tout

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L’égalité rend plus de profits que l’inégalité 23 mars 2019


Vivons égaux

Page après page, statistique après statistique, Richard Wilkinson et Kate Pickett mettent en pièce la religion néolibérale et le fonctionnement du capitalisme. Après des décennies de recherche et l’analyse de millions de données, leur constat, publié une première fois en 2009 (en français en 2013 sous le titre Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous) est terrible: le système capitaliste est cannibale.
En créant des inégalités ahurissantes (voir le dernier rapport Oxfam), ce système plombe la vie et les chances de milliards de personnes. Aux Etats-Unis par exemple, société très inégalitaire, l’espérance de vie est nettement inférieure à celle du Japon, pays plus égalitaire. L’inégalité provoque plus de criminalité, plus de meurtres, plus de maladies et plus de destruction de l’environnement, etc. Même sur un plan économique, le néolibéralisme est à jeter à la poubelle. L’inégalité ne provoque nullement la créativité, bien au contraire: plus les riches sont riches, moins la société prospère, invente, progresse.
Aujourd’hui, Wilkinson et Pickett se penchent, dans un nouveau livre, sur le bien-être possible, en reflétant l’épidémie d’anxiété actuelle. Des milliers d’études à l’appui, ils prouvent que l’humain est doué pour l’empathie et tend naturellement vers l’égalité, la coopération… et le bonheur.

Kate Pickett, Richard Wilkinson: Pour vivre heureux, vivons égaux! Comment l’égalité réduit le stress, préserve la santé mentale et améliore le bien-être de tous, Ed. Les Liens qui libèrent, 2019, 413 pages, CHF 38.-

Suggestion de lecture parue dans le https://syndicom.ch/fr/service-des-membres/magazine/ n° 10 de mars-avril 2019

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Le BlaBla à Vevey: allez-y! 17 février 2019

Filed under: Coups de cœur,Je vais au resto — essaipat @ 05:57
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Hier, j’ai découvert Le Blabla à Vevey. Une jolie surprise à deux pas du restaurant LeNational où l’esbroufe règne parfois (souvent?) en maîtresse, pas toujours en saveurs.

On m’y amenait pour me faire découvrir la pizza au mètre, mais le menu du jour nous faisant de l’œil, on s’est décidée pour un filet de bœuf en croûte de poivre rose et piment d’Espelette, des frites croustillantes et un poireau rôti dé-li-cieux! La viande se coupait au couteau à beurre, le tout était goûtu à souhait, joliment présenté et à 30.- par tête. Pour une viande de cette qualité qui, à l’évidence, avait été faisandée selon les règles de l’art, c’est pas cher du tout (on est en Suisse, les gens, hein?! pas cher pour la Suisse).

Une jolie carte de vins au verre et un service… impeccable! Serveurs souriants, gentils, prévenants.

Bref, une jolie adresse à retenir à Vevey.

 

Le vin, plus infecté de pesticides que tout autre produit 16 novembre 2018


La viticulture est tristement réputée pour son usage massif de produits chimiques et les graves atteintes qu’elle porte à des écosystèmes fragiles.

En amatrice de vins, je me doutais bien que… mais las, pas à ce point! Quelle déception de voir que le milieu s’intéresse aussi peu aux alternatives qui pourtant existent.

Pesticides et viticulture conventionnelle
Excepté celle des fruits à noyau, aucune culture ne recourt à d’aussi grandes quantités de pesticides que la viticulture conventionnelle. L’indicateur environnemental pour les produits phytosanitaires de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) montre que les 19 exploitations viticoles examinées (dont aucune se situe en Valais, ni au Tessin) ont déversé en moyenne 24,4 kilos de pesticides par hectare de vigne en 2015, principalement du folpet (un fongicide), du cuivre et du soufre. (…)
Mais les quantités ne sont pas seules en cause. La composition des coktails dont sont aspergées les vignes et également problématique: durant l’été 2016, Greenpeace Suisse a fait analyser la teneur en pesticides de dix vins et six échantillons de sols provenant des différentes régions viticole de Suisse. Elle y a décelé 33 substances actives: les sols en contenaient 18, les raisins et les vins, 13 chacun. 23 d’entre elles sont toxiques pour les êtres humains ou ont « un impact inacceptable pour l’ecosystème ». Deux des substances mesurées (le carbendazime et le flusilazol) sont interdites dans l’Union européenne, car elles sont soupçonnées d’être des perturbateurs endocriniens.
Six des huit vins examinés et toutes les parcelles cultivées de manière conventionnelle renfermaient du glyphosate, un herbicide fortement décrié. Certaines substances ont été décelées uniquement dans les sols, où elles se sont accumulées au fil des années. Toutes ces raisons doivent inciter à privilégier le bio également pour les vins; les analyses ont montré que les vins bio étaient les seuls à ne pas contenir de pesticides. nig

Quant au cuivre dont l’utilisation est souvent reprochée aux vignerons bios – alors que, un comble! les vignerons « conventionnels » l’utilisent aussi (!!!) –, Lucius Stamm, à la tête du département de sciences des plantes de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) à Frick indique que: « Il est possible de réduire très fortement les apports en cuivre« .

Nous avons montré dans une étude récente qu’il était possible de réduire les apports de cuivre de 2,5 kilos en moyenne, la quantité maximale autorisée étant de 4 kilos par hectare et par année. C’est à peu près celle qui est utilisée dans la viticulture conventionnelle, à laquelle viennent s’ajouter toutefois de grandes concentrations de substances chimiques et synthétiques.

(…)

Il est possible de limiter très fortement l’usage du cuivre en plantant des cépages « Piwi »: nous avons pu montrer que ces plants résistants aux champignons nécessitaient près de six fois moins de cuivre que les variétés européennes classiques. En Suisse, les cépages Piwi représentent déjà près de 25% des vignes bio. Les nouvelles générations sont d’ailleurs excellentes.

Dès lors, buvons du vin bio. D’autant plus que l’époque où le vin bio était mauvais est… derrière nous!

 

Pro Natura magazine, 5/2018, Octobre ProNaturaCH

La mise en évidence (gras et en rouge) est de mon fait

 

 

 

L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante 15 juillet 2018

Filed under: Je lis — essaipat @ 17:51

Je n’aime pas beaucoup les livres que tout le monde aime.

Je sais.

Je sais.

Et puis, en trouvant le 1er tome de L’amie prodigieuse dans une boîte à livres, je me suis dit « quelle belle ocaz’ de lire sans rien débourser ce que tout le monde qualifie de véritable phénomène littéraire ». Las! le livre m’est rapidement tombé des mains et je l’ai remis dans la boîte à livres.

Et voilà que je reçois d’un bon pote les trois volumes de la saga (le 4ème est sorti plus tard). Il me dit qu’il a aimé. Moi, je l’aime bien et je me (re)lance dans la lecture de ce premier tome. Bon, c’est toujours pas le grand amour, je trouve ça un peu poussif et longuet et je décide de faire une pause à la fin du premier. Mais comme j’aime bien cet ami, je m’y remets quelques semaines plus tard et attaque le deuxième tome. Et là, surprise! Ce 2ème volume me met dans un état de stress tel qu’il m’est difficile de faire autre chose que lire ce fichu bouquin pour connaître la suite! Reste que je vois bien les ficelles et que je me rends compte que ça fonctionne (très bien) un peu à la manière d’une recette éditoriale appliquée à la lettre. Toujours pas complètement séduite, mais complètement séquestrée.

Du coup, impossible de ne pas lire le 3ème même si les combats syndicaux, mai 68, tout ça comme annoncé et ben… bof, je suis pas enthousiaste. Pourtant là, enfin! je m’abandonne toute entière à l’histoire. Et pour expliquer ce qui a réussi finalement à me faire tomber en amour, je reprends les mots de Silvia Ricci Lempen, écrivaine suisse qui dit (ici: et mieux que moi) toute la nouveauté du propos. En fait.

D’où vient cette grandeur ? En un mot comme en cent, du fait qu’Elena Ferrante a pris le parti de restituer l’universalité de la condition humaine à travers une exploration radicale de la subjectivité féminine – alors que, il faut bien l’admettre, l’enracinement de l’universel dans le féminin reste encore assez rarement pratiqué en littérature.

Seul bémol, la fin digne des pires romans-photos de l’époque, vraiment. Zut, mais bon, ça ne m’empêchera pas de lire le 4ème, soyez en sûr(e)s!

 

L’agro-industrie ne nous veut pas du bien! #Cancer 17 mai 2018


Sous le titre « Santé – Denrées ultratransformées cancérigènes?« , la FédérationRomandeDesConsommateurs publie ceci et c’est pour le moins alarmant:

Lors d’une récente étude, publiée dans le British Medical Journal, des chercheurs français ont observé une corrélation inquiétante. Lorsqu’on augmente de 10% la proportion d’aliments ultratransformés dans le régime alimentaire, on constate parallèlement une augmentation de plus de 10% des risques de développer un cancer et plus particulièrement celui du sein. Le lien de cause à effet n’est pas encore prouvé, mais la coïncidence prête à la réflexion et à la prudence. La mauvaise qualité des aliments ultratransformés n’est toutefois pas l’unique suspecte. Les additifs et les matériaux qui entrent en contact avec les aliments pourraient aussi être responsable! Affaire à suivre! JD

Publié dans le numéro 107 du journal FRC Mieux Choisir, avril 2018

 

L’agriculture intensive n’est pas plus productive que la nature 12 janvier 2018


Le rendement des cultures herbagères intensives n’est pas supérieur à celui des prairies riches en espèces. C’est ce que conclut la plus vaste étude sur la biodiversité conduite à ce jour.

Ces quinze dernières années, des équipes pluridisciplinaires allemandes, suisses, néerlandaise et autrichiennes ont effectué pas moins de 80 000 mesures sur un échantillon de quelque 500 parcelles. Elles ne se sont pas contentés d’examiner la diversité des plantes et autres organismes, mais ont aussi cherché à comprendre son impact sur les cycles naturels.

Menée à l’Université technique de Munich, « Jena Experiment » montre notamment que les surfaces riches en espèces résistent mieux à la sécheresse et aux inondations et qu’elles fixent de plus grandes quantités d’eau et d’oxygène. La biodiversité influencerait près de la moitié de tous les processus se déroulant au sein d’un écosystème.

L’étude prouve ainsi que les extinctions d’espèces actuellement en cours sur toute la planète n’entraînent pas seulement la disparition d’une partie de l’héritage de l’évolution, mais pourraient aussi menacer directement l’être humain.
http://www.tum.de Chercher: Jena Experiment (étude disponible en allemand et en anglais)

Pro Natura Magazine, n° 1/2018

 

Le massacre des femmes #MeToo #BalanceTonPorc #Féminicide 30 novembre 2017


Je ne sais pas vous, mais moi, je me suis souvent demandé pourquoi les femmes partout dans le monde étaient asservies et opprimées (dans le meilleur des cas), agressées, violées et tuées (dans le pire) et pourquoi cela paraissait normal (en tout cas jusqu’à il y a peu) à tout le monde. Au point qu’on dit depuis la nuit des temps aux filles de « faire attention », mais qu’on n’exhorte pas les garçons à ne « pas violer » ou harceler. Pourquoi?

J’ai souvent pensé – et j’ai découvert récemment que d’autres avant moi aussi – qu’on payait une sorte de crime ancestral commis à une époque peu documentée où le monde entier aurait été un matriarcat. Et nous, de vraies matrones. Qu’on aurait été – en ces temps reculés dont personne n’a le moindre souvenir, ni témoignages quelconques et que notre imaginaire ne fait pas correspondre aux sociétés matriarcales connues* – de vraies salopes et qu’on en aurait tellement fait baver aux hommes que, depuis, ils se vengeraient. Outre le fait que cette hypothèse ne paraît être étayée par rien, si elle était avérée, une seule conclusion: on paie. Cher. Et depuis longtemps. Très. Trop.

J’ai aussi imaginé (et d’autres avant moi) que les si les hommes avaient pris le pouvoir, c’est que leur force physique et leur grande taille le leur avait permis. C’est partir du principe que les hommes sont biologiquement conçus pour être plus grands que les femmes, un postulat très sérieusement remis en cause par la Docteure en anthropologie sociale, Priscille Touraille. Dans sa thèse*² qui ne date pas d’hier (2008, mais à l’échelle de l’évolution et des idées préconçues, c’est tout comme), les femmes auraient été discriminées dès l’âge des cavernes en étant privées de protéines. Occupées à porter les enfants et les nourrir au sein, les femmes auraient eu moins accès à la nourriture, les hommes se gardant leur part de chasse, ces protéines qui font grandir. La construction sociale qui s’en suivit fit que les femmes et hommes se choisissent – en dépit du bon sens, il suffit d’avoir accouché une fois ou deux pour se rendre compte qu’il serait meilleur de ce point de vue-là d’être plus grande – en fonction de leur taille, l’homme « devant » être plus grand.

Qu’est-ce qui donc fait que les hommes, massivement et partout, attaquent les femmes dans leur chair, leur âme (qu’elles n’ont pas obtenue facilement, rappelez-vous, à peine considérée comme un animal, la femme à une époque), leur énergie vitale et les détruisent (car le viol est une destruction de l’être, un anéantissement de la personne)? Je n’ai pas la réponse à cette question.

Ce qui est sûr aujourd’hui, c ‘est qu’avec les hashtag #MeToo et #BalanceTonPorc, on ne peut plus ignorer que l’immense majorité des femmes subit cela au quotidien, des milliers de fois dans une vie et que ce n’est pas juste l’histoire de quelques lourdeaux mal embouchés, mais bien celle d’une société construite sur l’idée que les hommes ont ce genre de droits-là: emmerder les femmes.

Ce que je constate, c’est que les adolescentes, à l’âge où elles subissent les premiers regards lourds et visqueux, les premières réflexions graveleuses, les premiers harcèlements de rue (voire plus proches d’elles, à l’école!), sont drôles, vives, pleines d’énergie et bien plus délurées que leurs petits camarades, encore occupés à jouer à la guerre des boutons et à les reluquer en coin. Qu’à journées faites, elles rient à s’en décrocher la mâchoire, qu’elles s’aiment et se câlinent, qu’elles font du bruit et sont gaies.

L’agression sexuelle potentielle et le harcèlement assuré rendent la vie de ces jeunes filles précaire et dangereuse. Cette sensation de danger chaque fois qu’elles sortent de chez elles (quand dans leur foyer, elles sont chéries et protégées!), éteint chaque jour un peu plus la joie de vivre primitive qui les habitait avant que de se retrouver avec des seins sur le torse. Ça m’attriste.

Si comme moi, la théorie qu’une simple – mais sévère! – jalousie serait à l’origine de ce déferlement de haine surréaliste, vous paraît un brin tirée par les cheveux, il reste quoi comme explication? Rien. Ce ne serait qu’une forme d’opportunisme qui nous aurait portées là, à ce stade où le simple fait d’être une femme nous met en danger? Et ben, merde alors!

*Les sociétés matriarcales à travers le monde,
de Mircea Austen pour  Mademoiselle.com, 18 septembre 2014
Hommes grands, femmes petites: une évolution coûteuse.
Les régimes de genre comme force sélective de l’évolution biologique
,
Editions de la maison des sciences de l’homme, 2008
 

 
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