Patrizia a un avis sur tout

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Laponie, Carnet de voyage du Petit Futé 18 janvier 2014


On devrait expliquer aux rédacteurs du Petit retors (blague) qu’un livre ne se conçoit pas comme un site internet. Trouver le même intitulé au mot près au sujet des aurores boréales sous les rubriques Les plus de la Laponie et La Laponie en 10 mots-clés, ça n’incite pas à la lecture. Refaire l’expérience avec le soleil de minuit…

Si, sur un site internet, on comprend aisément qu’il n’existe qu’une page de texte sur les aurores boréales, lire la même description à la virgule près à la page 8, puis à la 11 m’a fait me demander si tout le livre n’allait pas être une redite complète des premiers chapitres et j’ai laissé tomber.

Alors, ok, 4 euros 95 (compter 8 francs 70 en Suisse, le taux de change des éditeurs tenant du racket), c’est pas cher, mais bon… hein.

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Les eaux qui dorment de Geneviève Biffiger aux éd. Eclectica 20 octobre 2013


Ouais, ouais, ouais… Bof, bof? Ou juste bof, oui mais? Rhaaaa, les romans écrits en français me posent régulièrement problème. Je préfère les traductions et je me demande bien pourquoi puisque j’aime les choses bien écrites. Curieux, non? Bon, dans l’ensemble, ce roman à la trame alambiquée au possible ne m’a ni déplu, ni plu. Qui est qui dans ce chassé-croisé amoureux qui met les pères au niveau des frères, les nièces à celui des petites-filles? Bref, vous l’aurez compris (mais l’avez-vous vraiment?): tout le monde couche avec tout le monde (en gros) et fait des enfants à la généalogie compliquée et torturée.

J’ai retenu de jolis (très jolis!) passages sur l’amour charnel (et c’est rare, tant, en général, ces passages-là me gavent) et quelques jolies tournures de pensée dans la tête de Cyprien, un des frères de l’histoire, alors enfant. Pour le reste, si je l’ai lu jusqu’au bout, c’est pour savoir où allait finir cet embrouillamini de passions, adultères et coucheries. Et ça finit bien. Vous voyez, quoi. Sinon, côté descriptions, par exemple… du type de celle-ci:

Elle savait bien pourtant que ce chalet avait abrité des jours heureux, de ceux où tes parents vivaient encore ensemble, où vous passiez des jours insouciants, au milieu des pâturages bosselés où s’éparpillent fidèlement chaque été des milliers de fleurs frêles et vivement colorées et tremblent les graminées légères. Où cascade le torrent limpide sur les pierres brillantes de quartz. Plus loin, c’était le cercle des hauts sommets de granit où seuls les lichens parviennent à s’agripper quand la neige consent à disparaître qui enserrait la sauvage somptuosité du site.

Voilà, voilà…

Et comme il aimait bien les gamins, Jeannot – il se considérait un peu comme un grand-oncle, à défaut d’être un vrai grand-père – il s’arrangeait pour croiser leurs chemins, en dehors du village.
Ce qui n’était pas très difficile parce que, dans les campagnes, les petits garçons, et même les fillettes, de plus en plus dégourdies – il lui fallait bien le reconnaître, même si cela mettait à mal son machisme – adoraient partir en exploration, plus ou moins loin du regard des parents…

Ou comment ne pas se fouler pour faire comprendre le caractère du dit-Jeannot, en balançant tout de go une explication venue de l’extérieur (qu’il n’a pas pu, en tous cas, lui, se faire à lui-même). Je déteste quand on me mâche le boulot et qu’on me décrit tout par le menu.
Bref… à vous de voir.

 

Le Club des Cinq (Bibliothèque rose) n’est plus ce que c’était! Les bras m’en tombent! 22 mai 2013


Alors que je geignais (ici:LeClubDesCinq ) sur la nullité et l’écriture épouvantable des Club des Cinq tels que je les redécouvrais en les lisant à ma fille de 9 ans, Elanore m’apprit que s’ils étaient si mal écrits, c’est parce qu’ils avaient été – à l’occasion d’une réédition – totalement (et mal!) réécrits. Les bras m’en tombent. Ainsi, elle explique que:

C’est épouvantablement pauvre (et mal écrit)… parce que ça a été ré-écrit, justement. Tout a été mis au présent (parce que le passé simple, c’est trop compliqué) et les mots trop compliqués ou connotés ont été bannis (très bon article ici: http://www.actualitte.com/societe/le-club-des-5-la-nouvelle-traduction-qui-laisse-sans-voix-28837.htm )
Donc si on est déçus en les relisant, c’est que ce n’est tout simplement plus les mêmes (même si il y a aussi le coté madeleine de Proust).
Personnellement, j’en ai acheté un… quand j’ai vu la catastrophe que c’était, je l’ai remisé en haut de l’armoire… et depuis j’écume les brocantes pour trouver les vieilles versions, qui, elles, valent le coup (et au moins, enseignent du vocabulaire à nos enfants!!)

Mais il y a pire (oui, pire que le massacre de la langue française, oui), le fait que certains passages soient carrément supprimés ou censurés au nom du politiquement correct (lire l’article sur le lien plus haut). Sur Facebook, où je m’épanchais sur tant de bêtise, Catherine m’informa que:

Toute la littérature jeunesse du siècle dernier est en train de subir une scandaleuse censure, au nom du politiquement correct, sous couvert de « modèle pour la jeunesse ». Or, c’est une littérature à part entière, pas du produit pédagogique. Et elles comporte de vrais chefs d’œuvre, comme « Le Club des Cinq  » ou tous les romans d’A. Lindgren.

C’est tellement bête que ça me laisse moi aussi sans voix.

P.S.: Je suis en train de lire à ma fille le tome 6 dans la version que je lisais enfant et je confirme: c’était BEAUCOUP MIEUX écrit à l’époque! Mais ma fille est très déçue du look (vieille version) de Claude, elle trouve qu’elle « fait trop fille » alors que dans les nouvelles versions, on peut penser que c’est un garçon.

 

Amazones de Raphaëlle Riol, éd. du Rouergue 16 mars 2013


De ce petit livre, vite et facilement lu, je ne sais trop que dire. J’ai détesté le début. J’ai détesté la fin.

Digressions ridicules et, surtout!, verbeuses sur la vieillesse, la vie, tout ça. Si le livre avait fait 200 pages de plus, j’aurais laissé tomber à ce moment-là. Je n’ai pas accroché non plus aux personnages: une jeune fille anorexique et complètement fêlée, mais si sûre de son bon droit (d’être vide?) et une vieille folle que ses filles auraient enfermées en home par vengeance. L’histoire n’est pas crédible, on n’y croit même pas comme à une fable, c’est dire. J’ai un peu mieux adhéré par la suite, un peu plus goûté à l’escapade des deux donzelles, sujet du livre, même si la crédibilité du récit (ou plutôt son absence) pèse trop lourd et ne permet pas le lâcher-prise.

Quant au thème traité: la place de la femme, son droit à être et à aimer, ainsi qu’à recevoir un salaire équitable pour un même travail… bof, bof. Toutes les femelles du livre sont décrites comme des victimes (éternelles victimes) ou des salopes au service des mâles dominants, ceux-ci étant des salauds (ou des abrutis) finis. Bref, c’est revanchard, limite haineux et pas constructif, pas très neuf et même pas drôle.

Mais, puisque j’ai pris la peine d’aller jusqu’au bout et que j’y ai relevé une ou deux trouvailles (guère plus), je vous les offre:

« Mon père m’a donné un mari, mon Dieu, quel homme, quel petit homme! Mon père m’a donné un mari, mon Dieu, quel homme, qu’il est petit! »… Une vieille chanson populaire entraînante qui en dit long sur l’insatisfaction sexuelle des femmes. « Je l’ai perdu dans mon grand lit, mon Dieu, quel homme, qu’il est petit! »

Vieillir, il n’y a pas le choix me direz-vous… On doit, c’est obligé. (…) et, puisqu’il faut bien donner un peu de soi, j’ai toujours pensé qu’il valait mieux laisser tomber le corps plutôt que le reste.

Pas de quoi fouetter un chat, mais c’est mieux que rien, pas? Bref, un « roman » verbeux et sans intérêt.

 

Le collectionneur d’Alex Kava aux éditions… Harlequin! 29 octobre 2012


D’Alex Kava (par hasard et surtout parce qu’à la bibliothèque du village où je réside, y a pas grand chose hormis Danielle Steel ou Janine Boissard) j’ai d’abord lu Sang Froid. J’ai pas été transportée d’extase, mais c’était bien. Les scènes d’amour me gavaient bien un peu, mais bon, dans l’ensemble c’est allé. J’ai donc commandé chez Payot la suite en poche, à savoir Le collectionneur et là, stupeur! il s’avère qu’il est édité chez Harlequin. Horreur! Bon, peut-être que chez Harlequin, ils se sont améliorés, me dis-je in petto, depuis que j’ai déclaré préadolescente déjà que c’était de la daube.
Malheureusement, je crois que certains auteurs, à l’image de Mary Higgins Clark (La nuit du renard) devraient se contenter de n’écrire qu’un livre. Le premier. C’est tout ce que j’ai à en dire.

Ha non, autre chose: une nouvelle mode se dessine en littérature*, qui me lasse lentement, mais sûrement et qui consiste à décrire des horreurs spécifiquement et dans le détail – des viols de préférence. Je trouve ça inutile, malsain et assez déplaisant pour dire le vrai.

* Purge de Sofi Oksanen est un bon livre qui malheureusement use lui aussi du même procédé racoleur

 

Les sœurs Andreas d’Eleanor Brown, aux éd Marabout 16 juillet 2012


Elle acheva de manger en silence, et la nourriture lui parut dépourvue de goût dans sa bouche.

Heu… elle aurait dû lui paraître dépourvue de goût ailleurs que dans la bouche? Ladite bouche que l’auteure prend la peine de qualifier sienne, au cas où on aurait des doutes.

J’ignore pour quelle raison obscure ce livre m’a tant fait de l’œil chez Payot. J’ignore pourquoi j’ai tant hésité à l’acheter (je me méfiais, à l’évidence) et pourquoi j’ai finalement décidé de le faire. J’ignore pourquoi je n’ai pas laissé tomber dès les premières pages, pourquoi je me suis tant obstinée à le lire, mettant plus d’un mois pour le finir (plus d’un mois!). Mal écrit et là, je ne crois pas que ce soit le fait de la traduction, bourré de redites, mal corrigé* (décidément, le métier de relecteur-correcteur n’a plus la cote) et agaçant, mais agaçant à un point! Je n’aime pas la chicklit, et bien que cela n’en soit pas (quand même, je la repère d’habitude), et ben…

Bref, à oublier! Vite.

Je l’ai peut-être quand même fini avec peine à cause de ça:

Quel âge aviez-vous, lorsque vous avez compris que vos parents étaient eux aussi des êtres humains? Qu’ils n’étaient pas omnipotents, que ce qu’ils disaient n’était pas nécessairement vrai, qu’ils étaient habités de rêves, de sentiments, qu’ils portaient des cicatrices? Mais peut-être ne l’avez-vous pas encore compris? Quand vous leur téléphonez, la conversation est-elle toujours à sens unique, enfant-parent et non adulte-adulte?

Peut-être. Mais m…, ça fait cher l’évidence.

Bon, les éditions Marabout, en même temps… j’aurais dû me méfier. Font autre chose que des livres de cuisine? Ben, non.

*Vous avez commis des erreurs. Et quand on commet des erreurs, on se repend. Lorsqu’on se repend, tout peut être pardonné.

On se repend à la corde? P…! On se repent, du verbe se repentir, pas rependre…

 

Vengeances de Philippe Djian aux éd. Gallimard 3 août 2011


Je n’aime pas Djian et c’est pas faute d’essayer puisqu’autour de moi les fans sont nombreux. Mais, las!, « Vengeances » par exemple (mais les autres m’ont fait le même effet), ne manque pas une occasion de me tomber des mains.

Je trouve qu’il écrit mal et son univers – sombre, défaitiste et sans rédemption – ne m’emporte pas. Or, pour moi, la littérature est avant tout un voyage.

Tout allait tellement mal, en général, que même un gros embouteillage finissait par être acceptable au regard de la souffrance du monde – qui retournait à l’état sauvage, quelquefois.

Sans blague…

Il paraît que la marque des grands, c’est d’être autant adulés que détestés. En cela, Djian remplit à n’en pas douter les conditions.

 

 
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