Patrizia a un avis sur tout

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Le massacre des femmes #MeToo #BalanceTonPorc #Féminicide 30 novembre 2017


Je ne sais pas vous, mais moi, je me suis souvent demandé pourquoi les femmes partout dans le monde étaient asservies et opprimées (dans le meilleur des cas), agressées, violées et tuées (dans le pire) et pourquoi cela paraissait normal (en tout cas jusqu’à il y a peu) à tout le monde. Au point qu’on dit depuis la nuit des temps aux filles de « faire attention », mais qu’on n’exhorte pas les garçons à ne « pas violer » ou harceler. Pourquoi?

J’ai souvent pensé – et j’ai découvert récemment que d’autres avant moi aussi – qu’on payait une sorte de crime ancestral commis à une époque peu documentée où le monde entier aurait été un matriarcat. Et nous, de vraies matrones. Qu’on aurait été – en ces temps reculés dont personne n’a le moindre souvenir, ni témoignages quelconques et que notre imaginaire ne fait pas correspondre aux sociétés matriarcales connues* – de vraies salopes et qu’on en aurait tellement fait baver aux hommes que, depuis, ils se vengeraient. Outre le fait que cette hypothèse ne paraît être étayée par rien, si elle était avérée, une seule conclusion: on paie. Cher. Et depuis longtemps. Très. Trop.

J’ai aussi imaginé (et d’autres avant moi) que les si les hommes avaient pris le pouvoir, c’est que leur force physique et leur grande taille le leur avait permis. C’est partir du principe que les hommes sont biologiquement conçus pour être plus grands que les femmes, un postulat très sérieusement remis en cause par la Docteure en anthropologie sociale, Priscille Touraille. Dans sa thèse*² qui ne date pas d’hier (2008, mais à l’échelle de l’évolution et des idées préconçues, c’est tout comme), les femmes auraient été discriminées dès l’âge des cavernes en étant privées de protéines. Occupées à porter les enfants et les nourrir au sein, les femmes auraient eu moins accès à la nourriture, les hommes se gardant leur part de chasse, ces protéines qui font grandir. La construction sociale qui s’en suivit fit que les femmes et hommes se choisissent – en dépit du bon sens, il suffit d’avoir accouché une fois ou deux pour se rendre compte qu’il serait meilleur de ce point de vue-là d’être plus grande – en fonction de leur taille, l’homme « devant » être plus grand.

Qu’est-ce qui donc fait que les hommes, massivement et partout, attaquent les femmes dans leur chair, leur âme (qu’elles n’ont pas obtenue facilement, rappelez-vous, à peine considérée comme un animal, la femme à une époque), leur énergie vitale et les détruisent (car le viol est une destruction de l’être, un anéantissement de la personne)? Je n’ai pas la réponse à cette question.

Ce qui est sûr aujourd’hui, c ‘est qu’avec les hashtag #MeToo et #BalanceTonPorc, on ne peut plus ignorer que l’immense majorité des femmes subit cela au quotidien, des milliers de fois dans une vie et que ce n’est pas juste l’histoire de quelques lourdeaux mal embouchés, mais bien celle d’une société construite sur l’idée que les hommes ont ce genre de droits-là: emmerder les femmes.

Ce que je constate, c’est que les adolescentes, à l’âge où elles subissent les premiers regards lourds et visqueux, les premières réflexions graveleuses, les premiers harcèlements de rue (voire plus proches d’elles, à l’école!), sont drôles, vives, pleines d’énergie et bien plus délurées que leurs petits camarades, encore occupés à jouer à la guerre des boutons et à les reluquer en coin. Qu’à journées faites, elles rient à s’en décrocher la mâchoire, qu’elles s’aiment et se câlinent, qu’elles font du bruit et sont gaies.

L’agression sexuelle potentielle et le harcèlement assuré rendent la vie de ces jeunes filles précaire et dangereuse. Cette sensation de danger chaque fois qu’elles sortent de chez elles (quand dans leur foyer, elles sont chéries et protégées!), éteint chaque jour un peu plus la joie de vivre primitive qui les habitait avant que de se retrouver avec des seins sur le torse. Ça m’attriste.

Si comme moi, la théorie qu’une simple – mais sévère! – jalousie serait à l’origine de ce déferlement de haine surréaliste, vous paraît un brin tirée par les cheveux, il reste quoi comme explication? Rien. Ce ne serait qu’une forme d’opportunisme qui nous aurait portées là, à ce stade où le simple fait d’être une femme nous met en danger? Et ben, merde alors!

*Les sociétés matriarcales à travers le monde,
de Mircea Austen pour  Mademoiselle.com, 18 septembre 2014
Hommes grands, femmes petites: une évolution coûteuse.
Les régimes de genre comme force sélective de l’évolution biologique
,
Editions de la maison des sciences de l’homme, 2008
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Feu vert à la pollution @Shell 10 mars 2017


Royaume-Uni

La Haute Cour du pays a déclaré, le 26 janvier, que Royal Dutch Shell ne pouvait être tenue responsable de la pollution commise par sa filiale au Nigeria.

L’entreprise a pourtant fait de nombreux profits, alors que le déversement d’hydrocarbures dans le delta du Niger a privé 40 000 habitant-e-s de leurs droits. En effet, la pollution provoquée par les activités de Shell a ravagé des habitations et des fermes et pollué les eaux, privant ainsi les habitant-e-s d’eau potable et de leurs revenus issus de la pêche. Ce jugement établit un précédent particulièrement dangereux. S’il est confirmé, cela revient à donner carte blanche aux multinationales dont le siège se trouve au Royaume-Uni pour bafouer les droits humains à l’étranger.

Protestez avec moi en envoyant ce scandaleux communiqué édité par @Amnesty à @Shell!

Pour soutenir les activités d’Amnesty international en Suisse, c’est par ici: http://www.amnesty.ch/fr

 

Le culot d’Alpiq et d’Axpo qui aimeraient mutualiser les pertes, mais se garder les bénéfices 25 avril 2016


En proie à de gros problèmes financiers, Alpiq et Axpo, veulent étatiser leurs centrales nucléaires alors que ce dernier annonce son intention de vendre près de la moitié de ses participations dans les barrages hydroélectriques.

Face à la chute du prix de l’électricité sur le marché de gros, Alpiq est mal en point: 830 millions de francs suisses de pertes en 2015. En cause, un chiffres d’affaires en recul de 16%, le franc fort et, enfin, l’augmentation forcée des fonds de démantèlement et de gestion des déchets pour les centrales de Leibstadt et de Gösgen.
C’est ce qu’avaient prévu à l’époque, à quelques détails près les opposants à la libéralisation du marché de l’électricité. Alors, comment s’en sortir?
En vendant leurs (nos) barrages, comme ils l’ont déjà fait avec ceux en Norvège. Seulement voilà, lorsqu’il n’y aura plus d’actifs et qu’il ne restera plus que les vieilles centrales obsolètes à démanteler, qui payera la note? Les actionnaires, me direz-vous, mais les actionnaires… c’est nous! Alpiq est détenue à 31% par EOS, qui est à son tour détenue à 100% par des sociétés de services électriques romandes (Romande Energie, Groupe E, SIL, SIG et FMV par ordre d’importance).
A moins qu’on ne finisse par subventionner le nucléaire qui n’a jamais été rentable, même en excluant les frais de démantèlement, de traitement et de stockage des déchets.
Ou alors tout le monde paye enfin le vrai prix de l’électricité, ce qui incitera à un autre niveau l’efficience énergétique, car lorsque le portemonnaie est touché, l’utilité des mesures n’est plus à contester.
La privatisation des moyens de productions d’électricité a permis de dissimuler pendant quelques années les coûts réels, (et à quelques gros consommateurs de payer leur énergie moins cher) mais le réveil n’en est que plus difficile! Attendrons-nous qu’une minorité s’enrichisse encore ou aurons-nous le courage de faire face à nos responsabilités?
Voter oui à la sortie programmée du nucléaire, c’est prendre nos responsabilités.
Le nucléaire est une énergie trop chère et trop dangereuse, on a consommé cette énergie à crédit depuis des années et aujourd’hui, il faut payer le prix de ce luxe et limiter les risques d’accident avant que l’épée de Damoclès ne nous tombe dessus.

Signé RM sous le titre « Les exploitants veulent mutualiser les pertes »
dans le Journal d’information de SortirDuNucléaire, n° 107, mai-août 2016

La terre est carrée, les cochons volent, le nucléaire est sans danger.

 

Le patient a souvent raison 18 avril 2016


Pour parler du sujet qui m’intéresse aujourd’hui, prenons l’exemple du prétendu machin « contre » le HPV. Il est:

  1. autorisé (alors qu’à l’évidence, il y a comme un blème dans la méthodologie),
  2. remboursé alors qu’il est ultra cher et qu’un frottis, moins onéreux et plus sûr (en plus!) le remplacerait avantageusement et…
  3. proposé aux fillettes dès 9 ans (parce que dès que vous avez eu des relations sexuelles, le machin, déjà très controversable, marche encore moins bien!).

Ce qui, en caricaturant à peine, revient à dire que:

  1. Les médias ne vérifient pas les communiqués du lobby pharmaceutique, les publient tels quels bien trop souvent en passant comme chat sur braise sur les conflits d’intérêts potentiels (et avérés dès qu’on daigne y jeter un œil), ainsi que, dans ce cas, sur la non-efficacité avérée elle aussi du « vaccin contre » le HPV;
  2. nos autorités mêmes se fourvoient (par naïveté, on ose espérer) par ces mêmes pharmas alors même que ça coûte un bras.

Force donc est de constater que le citoyen lambda qui a un poil les yeux en face des trous a quelque intérêt à prendre sa santé en main lui-même. Je vous entends déjà gloser sur le fait qu’on s’informe sur internet (seul internet serait donc aujourd’hui une source d’information, et bè… vous avez pas souvent vu un livre, ni de docu (radio ou TV), ni d’article dans d’autres journaux que la massmerdia habituelle, vous!). Comme si, en outre, on ne savait pas trier le bon grain de l’ivraie et faire – ce que devrait savoir tout journaliste – croiser ses sources*. Si en plus, on prétend utiliser, d’abord, un remède d’antan avant de passer à la pharmacopée… Et si vous cessiez de ricaner bêtement?

Un médecin de famille à Bâle a tenté une expérience, lisez donc plutôt:

Louis Litschgi, médecin de famille à Bâle, est sorti des sentiers battus. Il renverse sans autre forme de procès la hiérarchie entre médecin et patientèle, affirmant que « les patientes et patients décident où aller. Moi, je suis assis sur le siège arrière. » Il a choisi de faire confiance à celles et ceux qui viennent dans son cabinet, même quand elles et ils ne veulent pas suivre les suggestions de traitement. M. Litschgi précise avoir toujours eu cette attitude. Il y a plusieurs années, il a pu montrer qu’il avait raison, grâce à une étude réalisée avec plusieurs collègues. Laisser cogiter la patientèle en vaut souvent la peine. L’étude, récompensée par un prix de recherche en 2011, révèle ceci: sur 80 patientes et patients qui ont proposé un traitement différent de celui préconisé par leur médecin et n’ont pas changé d’avis même après de longues négociations, le résultat était aussi bon dans plus de la moitié des cas que si elles ou ils avaient suivi les conseils de leur médecin. Dans 27 pour cent des cas, le résultat a été meilleur et dans seulement 14 pour cent pire qu’avec une thérapie conventionnelle. En d’autres termes, les patientes et patients qui prennent leurs responsabilités en tirent profit.
Il est également intéressant de noter que les deux tiers de ces « autonomes », comme M. Litschgi appelle respectueusement ces obstiné-e-s, réclament plutôt moins de traitement que suggéré. Mais la plupart des médecins ont du mal à accepter une telle autonomie de leur patientèle et à élargir ainsi la relation de confiance. D’après M. Litschgi, il est important de ne pas laisser tomber la personne qui choisit sa propre voie. Il faut l’accompagner et ne voir aucun problème dans un éventuel changement de décision. Et si ça tourne mal? Pas de quoi perdre son calme: « Cela peut arriver même si nous avons tout fait comme il faut. En médecine, beaucoup de choses tournent mal. »

Tiré de l’excellent journal de la Banque alternative suisse, Moneta 1-2016

*mais à lire les articles dithyrambiques sur la vaccination et le fait qu’elle aurait sauvé le monde,
on peut franchement en douter (les statistiques de l’OFS lui-même, ça vous dit quelque chose?!)

 

Les phtalates font, entre autres « bienfaits », grossir! 6 mars 2016


Des chercheurs allemands ont prouvé que des traces de phtalates dans leur boisson faisaient grossir les souris. Déjà connus pour altérer la fertilité, ces plastifiants perturbateurs endocriniens déstabilisent le métabolisme du glucose et la sensibilité à l’insuline chez les femelles, et augmentent les acides gras saturés dans le sang. Les chercheurs pensent que cet effet serait une des causes de l’épidémie de surpoids, en dehors des facteurs génétiques et alimentaires et du manque de mouvement. Omniprésents, les phtalates sont déjà interdits dans les films alimentaires. A quand une limitation dans les autres objets et les emballages?

Des résidus qui font grossir, signé BP
Fédération romande des consommateurs et consommatrices,
magazine Mieux choisir*n° 86, mars 2016

*Seul magazine de conso suisse romand à être exempt de pub. Pour s’abonner, ici: FRC

 

Répartir, redistribuer et disperser… des humains 3 décembre 2015


Un récent article de Christoph Keller* paru dans le journal Moneta n° 4 de cette année, m’apprend qu’aujourd’hui on répartit les humains qui ont le malheur d’être nés dans un coin du monde miséreux et qui osent (outrecuidance extrême) rêver d’un avenir meilleur sous nos cieux, pas en fonction des amis qu’ils pourraient avoir, ni de la famille éventuellement déjà installée chez nous (faudrait pas qu’ils se sentent trop bien quand même), ni même de la langue qu’ils parlent (ce serait trop simple), mais en fonction d’une clé de répartition abstraite, absurdement bureaucratique (pour rester polie). La bêtise administrative ne cessera jamais de me stupéfier.

Sommier branlant, lit défait, lumière blafarde. La scène se passe dans un centre d’hébergement, il y a quelques mois. La chambre sent le renfermé. L’homme assis en face de moi a le visage jeune, mais les yeux tristes. Il vient du Congo. Il a traversé des déserts et la mer, risqué sa vie des mois durant pour atterrir ici, dans cette maison vétuste et délabrée de la banlieue de Bâle, utilisée comme centre de requérants d’asile.
Et il ne comprend plus le monde. Pourquoi, lui, qui parle couramment français, a-t-il été transféré en Suisse alémanique, où personne ne le comprend et où il ne comprend personne? Pourquoi ne lui a-t-on pas permis de rester en Suisse romande après son arrivée au centre d’accueil de Vallorbe et, surtout, pourquoi l’a-t-on empêché de rejoindre ses proches vivant à Fribourg?

(…) Il est, comme beaucoup d’autres, victime d’une bureaucratie implacable à l’échelle européenne, où l’on ne demande pas aux gens où ils veulent aller, mais où on les répartit en nombre bien défini entre pays, cantons, villes et villages.
La clé de répartition ne se préoccupe pas des souhaits des arrivantes et arrivants.
Elle ventile les personnes, les disperse sur la base des chiffres, selon des quantités, d’après la puissance économique des pays, en fonction de leur population.

Et j’entends déjà les fachos de tous bords, FN ou UDC, la bedoum française et sa nièce encore plus benête, notre Oskar national et tous les abrutis qui ne savent qu’ânonner le même refrain de barque pleine (sans jamais savourer ni même se rendre compte à quel point ils sont chanceux) entonner en chœur: « mais qu’est-ce qu’ils croient, ils peuvent déjà s’estimer heureux d’être reçus chez nous, ces ingrats! »

Le monde, parfois, m’écœure.

*Journaliste à la radio alémanique SRF2 Kultu et écrivain.

 

Des concentrations trop élevées de pesticides dans les cours d’eau 8 septembre 2015


Des chercheurs allemands ont analysé, dans le monde entier, les eaux de 2500 rivières situées à proximité de surfaces agricoles cultivées. Ils ont constaté presque partout des concentrations toxiques trop élevées. La situation n’est guère meilleure dans les pays connaissant des normes environnementales contraignantes que dans les autres. Dans plus de 40% des cas où la présence d’insecticides a été constatée dans l’eau, les taux de concentration dépassaient les valeurs autorisées. Pour les cours d’eau qui ne sont soumis à aucune valeur indicative, plus de 80% des valeurs mesurées étaient à un niveau inacceptable. Dans plus de 80% des 4000 échantillons prélevés, les chercheurs ont découvert des cocktails de produits toxiques, dont certains renfermant jusqu’à 31 pesticides différents. Ces scientifiques parlent de « résultats choquants« . Des produits phytosanitaires sont utilisés d’un bout à l’autre de la planète pour un chiffre d’affaires estimé à 50 milliards de dollars US. Les chercheurs conseillent de miser davantage sur des méthodes biologiques de lutte contre les ravageurs.

Magazine Greenpeace, n° 3 – 2015, page 69*

* Oui, je me suis enfin mise à feuilleter, lire, trier tous les magazines mis de côté par manque de temps et j’avais un retard certain…

Et puis, au fait, ce magazine est vraiment bien. Belles photos, reportages passionnants, mise en page bien dans l’air du temps: je recommande sa lecture (on y apprend des trucs! et par les temps qui courent, on peut pas souvent en dire de même de la presse officielle…).

 

 
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