Patrizia a un avis sur tout

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Zootopie de Byron Howard, Rich Moore et Jared Bush pour les studios Disney 11 mars 2016


Ça fait un bail (depuis Mulan, je pense) que les films d’animation ont un second degré de lecture accessible aux parents accompagnant leurs enfants en salle. Rendant du coup la séance moins pénible, voire très agréable. Il reste que, encore trop souvent, les films pour nos minis-moi sont casse-pieds et ennuyeux. Genre dans les récents: Les minions qui, à part une ou deux scènes hilarantes, ne cassait pas trois pattes à un canard. Certes Vice Versa était bien sympa et rondement mené, mais Zootopie est d’un autre acabit, pas de doute. Scénario intéressant, nombreux niveaux de lecture subtils, morale rafraîchissante en ces temps de propagande UDC (ou lepéniste côté France), gags à mourir de rire. La scène dans le spa wellness est digne de figurer dans les annales. Quant au passage à l’administration où ne bossent que des paresseux, j’en ris encore.

Bien. Très bien.

 

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En cette fin d’hiver et ce début de printemps, il y eût: 1 mai 2015


 

La famille Bélier de Eric Lartigau 28 décembre 2014


Aller au cinéma avec une mini-moi de 11 ans voir un « film de grands », c’est déjà, en soi, un vrai plaisir après des années de dessins animés. Et on ne se prive pas de tenter l’expérience assez régulièrement. En sachant que, sortis des films calculés pour plaire aux enfants (ET aux parents, sont pas cons les producteurs, la tendance n’est pas récente, récente, mais n’a pas plus de 20 ans tout de même), les dits-enfants auraient tendance à « faire l’effort » de regarder les film ou docu choisis. Ils y mettent certes beaucoup d’application, mais ne goûtent pas trop l’expérience quand même (du moins sur le moment, car c’est nécessaire, à mon avis, de demander à ses enfants des « efforts » de ce type, pour leur culture future et leur apprentissage de l’art). Bref, quand l’occasion se présente d’aller voir un « film de grands » – tout public sans être de la daube – avec une mini-moi complètement captivée par le propos et le jeu des acteurs, attentive aux dialogues et riant, pleurant aux bons endroits, c’est véritablement magique.

La famille Bélier sera ce film de fin d’année partagé en famille avec grand plaisir. Malentendante et appareillée, le sujet m’intéresse au plus près. D’ailleurs je viens de lire  – et ne cesse de l’offrir depuis – Les mots qu’on ne me dit pas de Véronique Poulain, entendante née de parents sourds-muets. Les propos dans le film et dans le livre, sont à quelques choses près, les mêmes: le bruit que font les sourds (qui ne s’entendent pas), leur langage cru, direct, voire hyper-sexualisé (le corps est un outil, un ami, ils n’ont point les tabous corporels dont s’encombrent les entendants), par exemple. On peut regretter, à l’instar de cette journaliste anglaise (Rebecca Atkinson du Guardian) que des acteurs entendants (Karin Viard dans le rôle de la mère, notamment) aient été utilisés pour jouer des sourds-muets de naissance. La gesticulation semble, en effet, parfois quelque peu forcée et peu naturelle et il doit être difficile d’oublier qu’on entend (et parle!) tant c’est intrinsèque de la personnalité (les sourds ne voient pas le monde de la même manière que les entendants).

Quant à l’autre reproche fait par Rebecca Atkinson au sujet du thème central du film, le bruit, le chant, la musique (qui n’intéresseraient pas les sourds et serait un propos d’entendants), cela reste à vérifier avec d’autres sourd(e)s. Véronique Poulain, je l’ai dit plus haut, souligne à quel point le monde des sourds est bruyant. Et il se trouve qu’ils – ne leur en déplaise parfois – vivent dans un monde d’entendants! Borborygmes intimes dérangeants ou bruits du quotidien insupportables, sur le net, les enfants de sourds qui s’expriment disent tout pareil. C’est donc une réalité. Qui n’existe sans doute pas pour elle, sourde de naissance, mais pour les autres, oui! Et le fait que le film tourne autour du chant et de la musique se justifie puisque cette fille de sourds-muets est entendante, elle! Bref, polémique inutile et j’en termine là mon avis.

Sur le film et ses qualités, disons qu’il est bon: entraînant, accessible au plus grand nombre, bien joué (Eric Elmosnino est absolument top en prof de chœur désenchanté et cynique). Sympathique, il a le mérite de parler d’un sujet un peu tabou, peu exploité au cinéma.

 

Tante Hilda de Jacques-Rémy Girerd 26 septembre 2014


Le réalisateur de La prophétie des grenouilles (pas vu) et de Mia et le Migou (beaucoup aimé) retrouve ici les thèmes du second: l’écologie, l’environnement, la main de l’humain et les dégâts qu’il cause.

Caricatural, un peu manichéen dans l’explication qui sombre dans la protestation contre les OGM, le synopsis manque un poil d’épaisseur et le propos est légèrement simpliste. Néanmoins, le message a le mérite d’être très clair et synthétique au possible (sans être mensonger, en plus, ce qui n’est pas rien). Pour le reste, le dessin est top, les décors sont très sympas, la serre de Tante Hilda est extraordinaire et les dialogues ne manquent pas d’humour.

Mini-miss a, quant à elle, A-DO-RÉ le film: « c’est le meilleur film que j’aie vu, trop bien! ». J’en déduis que le but est atteint et, ça, c’est plutôt bien. Le message a passé. Et ça, c’est bien, bien, bien! Haro sur les OGM! Et vive le bio!

 

Sils Maria de Olivier Assayas


C’est un film sur le temps qui passe, sur la beauté des actrices. Sur le talent des actrices. Sur les rôles qu’on donne – ou pas – aux actrices jeunes et moins jeunes. Un film sur les nouvelles stars qui détrônent les anciennes. Sur l’âge. Encensé par la critique, il est dit-on, pour Juliette Binoche, une mise en abîme. Ok.

Kristen Steward est lumineuse, elle absorbe l’écran, fascine. Son jeu est parfait. Juliette Binoche semble… jouer du Juliette Binoche. Le tout est très théâtral, outrancier, caricatural. J’ai passé la première moitié du film à admirer la performance sans vraiment accrocher à l’histoire. La deuxième partie m’a plus séduite, mais j’ai continué à observer un décalage critique et sceptique. C’est un bon film. Oui. Passionnant? Bouleversant? Renversant? Pertinent? Non.

Et Sils Maria, dans tout ça? L’Engadine? Ce beau canton des Grisons? C’est LA grosse déception. On ne voit rien de ce coin de pays absolument magnifique qui donne pourtant son nom au film. Un même plan tout au long du film pour illustrer le décor… Un même plan décliné à foison: au soleil, à l’aube, au crépuscule… comment dire?

Ha, j’oubliais… Juliette Binoche parle anglais sans accent français.

 

 

Ida de Pawel Pawlikowski 23 avril 2014


Tourné en noir et blanc, le film est dépouillé. Austère. Il raconte l’histoire d’Ida, jeune novice à la veille de prononcer ses vœux, qui part retrouver ce qui lui reste de famille: une tante. Un poil revêche, complètement alcoolo et procureure sous Staline, Wanda détient un lourd secret. Ensemble, elles déterrent – au propre comme au figuré – l’histoire familiale et les cadavres d’une Pologne qui fut occupée par les nazis.

L’image est belle, mais tout est dans la retenue et c’est lent.

Très bon film (évidemment). Mieux vaut cependant le voir en étant guilleret à la base. Sinon, on risque de faire la même fin que Wanda la rouge, la tante de la jeune nonne dans le film.

Ce même jour, pour changer d’ambiance, j’ai vu sur l’iPad de chéri Last Vegas de Jon Turteltaub. Je pensais rire. Non.

 

The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson 8 avril 2014

Filed under: Je vais au ciné,Ma nouvelle vie à la montagne — essaipat @ 10:01

Franchement, ça faisait un bail que je n’étais allée au cinéma voir un film d’adultes. Je ne m’attendais à rien. J’avais vaguement entendu lors de soupers en bonne compagnie, des pour et des contre, mais ne m’y étais pas attardée plus que ça.

Lors d’un sympathique dimanche ensoleillé à Lausanne, nous sommes, ma douce moitié et moi-même, allés aux Galeries voir Budapest Hotel. Alors, c’est sûr, ce qui en ressort n’est pas d’une profondeur philosophique abyssale. C’est léger, oui. Mais marrant. Les images sont enchanteresses, le grain est léché, le propos rieur et amusant. Ça m’a fait penser au roman de Jonas Jonasson LeVieuxQuiNeVoulaitPasFêterSonAnniversaire en moins roboratif, mais tout aussi burlesque.

Après la séance, nous avons fait une balade dans le coin et avons fini sur un banc du très fleuri Parc Mon-Repos. Tant de fleurs pour nous qui descendons de nos monts encore enneigés, c’était fort sympathique. Et odorant. Un retour en arrière dans une nature urbaine qui m’a accueillie 20 ans durant.

 

 
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