Patrizia a un avis sur tout

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La pinte du paradis à Aigle 20 novembre 2015


Le cadre est… enchanteur! Imaginez: dans la cour du château d’Aigle, pas moins! Car oui, la vieille ville d’Aigle autour du château est belle. Très. Ce qui n’est pas le cas du reste de la cité, on est d’accord.

De nuit, c’est féérique. Côté places de parc, ça l’est moins, mais comme quelques pas à pied n’ont jamais tué personne (voire même font du bien), marchez nom de dieu!

De jour, la terrasse enchâssée dans les vignes est une merveille, surtout en automne.

Quant à la carte: superbe! Nous avons dégusté (entre autres) un os à moelle parfait, des lentilles à la crème double (oui, je sais, de prime abord, ça fait peur) et saucisson vaudois exquis, de très très bons roestis gratinés, un foie gras poêlé sur un tartare de bœuf (oui, je sais, de prime abord…) impeccable. Belle mise en assiette, petite carte soignée, intéressants crus vaudois goûteux, la cuisine est parfaite, le lieu est joliment agencé.

On y a même appris une chose, c’est qu’on peut très bien garder son verre d’un vin à l’autre, même en passant du blanc de l’apéro au Gamaret du repas. Ça s’appelle « garder son verre aviné » (joli, non?) et c’est assez intelligent pour tout dire puisque trop souvent les verres « propres » ont une odeur (de linge) peu agréable.

Seul bémol: l’accueil… Etrange. Entre ironie et froideur, on en est restés un peu circonspects pour tout dire. Bon, c’est vrai qu’on a un souci dans ce coin de pays: on confond trop souvent politesse et amabilité (on peut être poli sans être aimable) et, parfois, la retenue toute protestante de cette vaudoisité se mue en ce qui pourrait être interprété comme un ricanement (un peu comme les Parisiens parlent aux montagnards d’ici, voyez mieux?).
Je trouve qu’on pourrait proposer aux restaurateurs et commerçants de notre belle Romandie de, avant toute chose, commencer par être simplement gentils avec les clients. Souriants. Sans chichis inutiles. De leur vouloir du bien. Qu’en dites-vous?

La gentillesse est trop souvent sous-estimée.
Elle est pourtant d’une importance capitale
dans la bonne marche des relations humaines.

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L’étable à Gryon 24 août 2015


C’est beau, c’est bon, l’accueil y est juste magnifique. Une adresse à retenir été comme hiver (fermé au printemps et en automne).

Cuisine originale sans être concept, décos – des lieux et de l’assiette – très réussies, accueil chaleureux et soigné, joli choix de vins de la région (même au verre), c’est PAR-FAIT! On y retournera, c’est sûr.

Attention: les week-ends et pendant la saison de ski, il vaut mieux réserver! C’est que les endroits – dans le coin – qui, en hiver te font autre chose que des frites pas terribles et des spaghettis sauce bolo en boîte (tout ça avec un accueil des plus mitigés: no pic-nic, no credit card en guise de bienvenue) ne courent pas les stations, pas?!

LÉtable

 

J’ai passé un week-end à Annecy 1 mai 2015


Je sais pas, j’ai un truc avec Annecy. J’aimerais – vraiment – aimer Annecy. Pourtant, je reste chaque fois sur ma faim. La première fois qu’on m’a vendu Annecy, c’était il y a fort fort fort fort longtemps (au bas mot): mignon, petits canaux, petits restos, lac tout beau, tout propre, tout régénéré de fond en comble. J’étais amoureuse. Il trouvait ça beau et tout et tout. Moi, j’ai fait comme si aussi. Sans que ça me marque plus que ça d’ailleurs et ça m’est resté comme un truc manqué, à refaire. « Pourquoi ne me suis-je pas pâmée d’extase, crebleu?! » Bref.

Pour les 40 ans d’une amie, il a été décidé de faire une virée entre filles à … Annecy. Il faut dire que l’amie fêtée est folle de shopping et ça semblait bien se prêter. Et bien, je pense que ça ne se prête qu’à ça. En fait.

Annecy n'a toujours pas convaincu, mais...

Annecy n’a toujours pas convaincu, mais…

Pourtant, en faisant notre virée le 21 juin (jour « universel » de la fête de la musique), on pensait faire la noce. Que nenni, à deux heures du matin, aussi précise qu’une montre suisse, la ville a fermé. Vàlà. Fini. Dodo. Question resto, on a été éjecté – pas très sympathiquement d’ailleurs, faut le dire – d’à peu près partout parce qu’on n’avait pas réservé, les bécasses. Le souper fut… moyen. Surtout, il fut où on a été d’accord de nous servir. Le lendemain, on a un peu musardé sur un pré en bord de lac, parce que de plage, à Annecy, y en a qu’une semble-t-il et c’était trop loin d’où on était, puis on a regagné nos montagnes helvétiques.

Et revoilà ce goût d’inachevé, ce zeste de « j’ai raté quelque chose, mais quoi? ». D’où, à l’occasion d’une obligation de mini-moi en terre genevoise pendant un week-end sans ses parents, la décision de passer ces deux jours en solo amoureux à… Annecy. On n’a pas mégoté sur la dépense. L’impérial Palace, rien que ça. Du temps, du moyen beau temps, peu de monde, ça promettait bien. Et ben non. Décidément, Annecy se refusera toujours à moi. Et Monsieur-moi partage mon sentiment: oui, c’est mignon. Mais on se croirait à Disneyland. C’est propre, c’est joli, c’est cher, ça sent le truc touristique à plein nez et sorti des petites ruelles bichonnées, c’est… la France. Voyez? Quelques heures plus tard, on se faisait déjà chier comme des rats morts. Le midi, on a mangé dans un des restaurants d’où l’on s’était fait jeter à peine poliment en juin dernier, LeBastringue. Très joli, très sympa, déco kitschissime à souhait, les nems étaient gigantesques et délicieux, les escargots excellents, mais la tartiflette très très très moyenne. Le soir, on a par contre vraiment très très bien mangé au Café Leffe, puis on est rentrés à pied (20 minutes de marche tranquille au bord du lac). La magie (enfin!) a opéré: jolie promenade au son du clapotis de l’eau, les passants sont moins nombreux qu’en journée, c’est calme, agréable. Ce fut très apprécié.

Le lendemain, dimanche, on a loué des vélos (parce que le shopping et les 200 mètres à faire à pied dans tous les sens dans les quelques rues piétonnes, ça va un moment, surtout que bon de boutiques originales…) et là, on a retrouvé un peu de notre allant. Malheureusement, nous n’étions pas les seuls à profiter du beau temps et des 30 kilomètres de piste cyclable que nous avons dû partager avec rollers, trottinettes, tricycles divers et variés et les (très!) nombreux autres cyclistes. N’empêche, on perçoit ce que ça doit être un matin tôt de semaine et, du haut des maisons cossues qui bordent le lac et qu’on admire en passant, disons-le, ça fait envie. Au retour, on s’arrête à l’Oasis – Auberge du Bessard en contrebas, un petit resto qui sert une perche du lac absolument exquise dans un cadre chaleureux à la française: tables disposées au petit bonheur la chance dans le pré, joli capharnaüm étudié de ci, de là (pour faire contraste, tentez d’imaginer un resto suisse au même endroit…), serveurs attentionnés (at-ten-tion-nés! pas « juste polis »! Hey les Helvètes: ça suffit pas, juste polis!). Bref.

Je crois que cette fois, j’ai fait le tour. Pas d’Annecy. Mais de mes envies d’Annecy. MonsieurChéri a décrété que, pour sa part il en resterait là. Et comme y a plein d’autres endroits que je tiens à visiter avec lui… me too.

 

Le National à Vevey 9 avril 2015


Un à deux ans, voire trois, que je n’étais pas retournée manger au National à Vevey. La même amie m’y traîne à chaque fois. Le cadre est joli, l’ambiance sympa, le service extra. A la belle saison, la terrasse est très agréable.

Pourtant, je n’ai jamais été vraiment convaincue de ce qu’ils mettaient dans les assiettes: les trucs mousseux sans consistance, mais jolis, les trucs fumeux (au sens littéral) spectaculaires mais sans guère de goût, bref la cuisine moléculaire, je goûte peu. Pour ne pas dire que je n’aime carrément pas.

J’y suis retournée récemment. Toujours avec la même amie. Nous avons choisi le même plat, difficile donc de faire une quelconque comparaison avec les autres propositions, mais la lecture de la carte est une bonne surprise. Il semble que ce soit moins « prise de tête » et plus « terroir », c’est une bonne nouvelle pour moi.

Et?

La salade artichauts vinaigrette et asperges était… par-faite! Un vrai régal de goûts, de saveurs, de présentation. Cuisson impeccable de précision des artichauts et des asperges. Le rouge proposé au verre excellent. Bref, c’était très bien. Je n’aurai qu’une remarque, c’est sur le fait qu’on s’attend à en avoir pour sa faim puisqu’il ne s’agit pas d’une entrée, mais d’un plat. Or, c’est un peu court, surtout si on ne mange pas de pain (ce qui est mon cas depuis quelques temps).

J’y allais déjà avec plaisir (pour le cadre, tout ça), j’y retournerais plus convaincue désormais (et pour la cuisine, cette fois).

 

Café Saint Pierre à Lausanne 22 avril 2014


Je n’y étais encore jamais allée. Faut dire que je goûte assez peu le tape-à-l’œil du café de Grancy – son frère en armes, rendez-vous de tous les bo-bos et artistes du coin  – et sa cuisine « fusion food » bien présentée, mais qui n’excite que peu mes papilles exigeantes. Peu goûteux, le Grancy est sympathique, sans plus, et TRÈS bruyant.

Le Café Saint Pierre, c’est donc, après agape hier soir… pareil! Bruyant et à l’acoustique défaillante comme le sont tous ces endroits branchés (pourquoi n’y a-t-il jamais d’efforts menés dans ce domaine?). Même clientèle que le Grancy, un poil plus jeune peut-être, même déco sympa sans réel caractère (parce qu’identique à tous les endroits à la mode, de Zurich à Genève), même carte alléchante et mêmes plats très joliment présentés!

Ce soir-là, nous avons commandé des tapas. Ça sentait le sud, ça promettait de belles saveurs et ce fut assez bof bof. De l’assortiment que j’ai choisi, la seule chose qui avait un réel intérêt était la soupe. Verte. Laitue? Je me suis dit qu’il me faudrait tenter chez moi le velouté de laitue, ça peut être intéressant. La tapenade d’olives était bonne, mais pas sûre qu’elle soit maison. Le caviar d’aubergines était passable, l’houmous manquait d’ail, d’huile, de sel, bref de tout. Et les feuilles de vignes sont, je pense, les pires que j’ai jamais mangées! Une fois ôtée la feuille de vigne, seule chose mangeable, le riz ressemblait à un pouding dur et hideux. Fade en plus. Conserve? Et, même si les bruschettas, grâce à l’oignon rouge fort en goût, étaient bonnes, il manquait, à l’évidence de produits de base de haute qualité. Une huile d’olive – chère, certes – mais d’excellence, ça change tout! Une tomate mûrie au soleil de Calabre et c’est l’extase! Et du fait maison, ça se reconnaît!

Surfait.

En fait.

Mais qui s’en rend compte? C’est si chic d’être ici.

 

Le BON restaurant italien 4 avril 2014


Pour atteindre le 7ème ciel en mangeant italien, il faut choisir les restaurants italiens qui en sont. Italiens, donc. Avec un(e) Italien(ne) aux fourneaux, voire même des serveurs ritals eux aussi (pour l’ambiance). C’est le cas au Ristorante Vallocaia à Zurich (les gnocchis sont à tomber), à La Grange aux Diablerets (la patronne – italienne – est aux fourneaux et concocte des merveilles; son mari, en salle, propose des vins magnifiques et peu connus: à eux deux, ils sont cotés 14 au Gault & Millau quand même) ou au Basta! à Gstaad (cuisine exquisement simple, chic et délicieuse).

Car il ne faut pas confondre cuisine italienne et la désormais commune pizzeria où rien – ou presque – n’est fait maison. Où tout – ou presque – est en boîte, précuit, préemballé, prédigéré par l’agro-industrie. Où la carte détaille par le menu tout ce qu’il est possible de cuisiner sur terre (des cuisses de grenouilles surgelées à la pizza quatre saisons et ses champignons en conserve aluminium). Où on a droit à la sempiternelle salade mêlée (maïs, carottes râpées, betteraves en cubes, trois feuilles de laitue, le tout arrosé d’une sauce « dressing » blanche livrée au « restaurateur » en bidon de 50 litres et partout pareille).

Et puis je préfère payer (un peu) plus pour déguster de bons produits bien apprêtés que payer – assez cher quand même! – de la daube industrielle que je pourrais sans autre m’acheter bien meilleur marché au supermarché et réchauffer moi-même au micro-ondes. Et ce sera tout.

 

 

La cuisine comme concept 7 octobre 2013


J’aime cuisiner, j’aime manger et je suis une dévoreuse de fruits et légumes crus ou cuits, les végétaux étant mes préférés loin – très loin – devant la viande et le poisson. Je suis d’ailleurs une fan absolue du PanierBioDel’Abeille auquel je suis abonnée depuis deux ans. C’est donc sans à priori et plutôt enthousiaste que, à l’occasion de Namasté (première édition très réussie d’un salon de la nature, des médecines alternatives et de la santé aux Diablerets), j’ai goûté aux assiettes végétariennes de Benjamin et de Sylvie.

De ce « voyage » en trois assiettes au pays du « cru, vivant, vibrant, un peu sauvage », je suis ressortie quelque peu marrie et pas complètement convaincue. Ce que j’en pense?

  1. J’ai dans ma (longue) vie mangé bien des herbes (et même un gratin de berce à tomber, ici: DécouvertePlantesSauvages), légumes et algues divers et variés, plus goûteux. En effet, ce que j’ai mangé était fade, pas assaisonné ou presque, à l’image du riz et des lentilles jetés tels quels, sans sel, ni poivre…, le quinoa à peine un peu plus. Et puis, je veux bien à la limite (re)découvrir le goût du chou cru ou mariné, voire en sushi, ou encore celui de betteraves en lamelles sèches, mais celui des carottes crues… Le concept derrière sous-entend – peut-être – de conserver aux aliments leurs vertus, fraîcheur et surtout leur goût originel et – peut-être – que mon palais n’est pas assez aguerri (ou trop dévoyé, c’est selon le point de vue sans doute), mais… on a tous rajouté au moins du poivre à nos assiettes.
  2. Il y avait deux ou trois choses franchement… improbables. Comme les lentilles cuites à l’eau et c’est tout… ou la panna cotta, alléchante, colorée et… insipide. Il y en avait d’autres totalement, absolument dé-li-ci-eu-ses! La tarte citron-avocat (oui, oui, avocat) à la texture fondante d’un cheese-cake: une tu-e-rie! Le tartare d’ortie: j’en veux, j’en veux, j’en veux! A la cuillère et à la louche.
  3. Je n’ai pas posé la question (et peut-être aurais-je dû), mais pourquoi n’ont-ils utilisé ni ail, ni oignon, ni romarin, ni thym serpolet (pour les lentilles, par exemple)? Sans ajouter ni sel, ni huile, on peut faire plus goûteux, c’est sûr.

En fait, ce qui me gêne le plus dans le… concept, c’est justement ça: c’est que ça ressemble plus à un concept qu’à de l’alchimie cuisinière et gourmande.

 

 
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