Patrizia a un avis sur tout

© Tous les textes et photos de mon cru m'appartiennent et ne peuvent être utilisés de quelque manière que ce soit et sur n'importe quel support sans mon autorisation expresse!

De l’enseignement du français en terre romande 28 novembre 2010

Filed under: Ça m'énerve!,école romande,Perdu d'avance — essaipat @ 20:08

… et autres détails d’une école en crise

CRITIQUE

«Groupe jaune», «déterminant possessif» (pour pronom possessif!) ou «groupe prépositionnel», à l’heure des devoirs, nombreux sont les parents – même francophones – que le jargon actuel de l’enseignement du français en terre romande laisse sur le bas-côté. A tel point qu’un «Mémento 4, 5, 6 Français» (mode d’emploi, 4 francs 80 en librairie) a été rendu nécessaire. Un comble, non?

20Minutes, 15 juin 2009

Aux parents actuels, on reproche beaucoup de choses et, notamment, de ne plus prendre leurs responsabilités, mais que fait-on quand, par exemple, ni vous, ni votre enfant ne comprend les consignes d’un devoir de français? J’ai dû, une fois, dire à mon fiston alors en 3ème ou 4ème année primaire que, malheureusement, j’étais incapable de l’aider car la consigne que je tentais de comprendre n’avait aucun sens. Mieux, j’ai dû, à l’occasion aussi, rectifier un test de français en signalant à sa maîtresse que la faute qu’elle lui avait comptée n’en était pas une. Ce qu’elle a admis.

Quant aux devoirs en phonétique que rapporte chaque semaine à la maison ma fille de 7 ans… je préfère ne pas donner mon avis sur le sens de ce type d’exercice.

Et une question demeure: pourquoi (POURQUOI?) les Romands ont-ils jugé bon d’aller à rebours du bon sens – et, au passage aussi, à rebours de leurs collègues francophones – en imposant une méthode de français que seuls ceux qui l’ont conçue semblent comprendre? Car si l’on veut VRAIMENT que les parents s’impliquent, il faut qu’ils puissent le faire.  Sujet, verbe, complément, pronom personnel, c’est compris dans tous les pays parlant français et, plus important, par les parents francophones aussi, la plupart du temps!

L’école romande – et vaudoise en particulier! – a un problème.

Et, comme de nombreux parents actuels, je commence à être légèrement exaspérée par les exigences d’une institution que je comprends de moins en moins et, notamment:

  • ses horaires abracadabrants qui ne commencent, ni ne finissent jamais à heure pile (trop simple, sans doute) et qui font débuter les journées des ados à 7 h 30 (avant celles des adultes) – pour les laisser ensuite deux à trois après-midis sans école par semaine (de préférence en fin de semaine, comme c’est étrange! Si, si! Je l’ai vécu). Tout cela alors qu’on sait aujourd’hui que les ados peinent à s’endormir le soir et ont BESOIN de dormir le matin.
  • les journées de congé-formation qui s’accumulent et pour lesquelles on est gentiment prié de trouver une solution de garde pas prévue dans l’agenda. De faire le boulot de l’école, en somme.
  • les appréciations jalonnant le carnet de mes enfants du type LA, AA, A, NA pour lesquelles il faut toujours faire un effort de traduction. Y a-t-il des notes ou n’y en a-t-il pas? On ne se serait pas fait couillonner quelque part avec cette soi-disant absence de notes puisque, de fait, les évaluations aboutissent au même résultat?

Et, perso, en un peu plus d’une décennie et demi, l’enseignement du français dans l’école romande continue à me laisser complètement perplexe. D’un côté, en 1ère primaire, les enfants ont des listes de voc avec des phonèmes « an », « en », « on » à apprendre par cœur alors qu’ils ne savent pas encore les lire,  de l’autre les devoirs dès la 3ème qui concernent une autre branche (géo, histoire, etc.) ne sont tout simplement pas corrigés au niveau de l’orthographe et de la grammaire. Qu’on ne note pas sur la grammaire et l’orthographe dans un devoir de géo, je peux le concevoir, mais qu’on ne corrige pas les fautes… Faut pratiquement faire un effort pour ne pas le faire!

Malheureusement, l’UDC qui sait à merveille sentir où et quand le vent tourne s’est emparée du thème. La faute à une gauche qui ne voit décidément pas les problèmes quand il y en a et est dès lors incapable d’y apporter une solution intelligente et humaine. Sans parler d’une solution tout court. Et l’UDC, donc, de s’attaquer depuis peu à l’école avec les gros sabots et le peu de psychologie qu’on lui connaît. Dommage. Et regrettable. Car, dans le lot de leurs très nombreuses propositions, outre de bonnes questions (comme le port du voile à l’école par de toutes petites filles sur lequel, il me semble, notre société devrait impérativement s’interroger), l’UDC veut aussi limiter les cours de langue étrangère (intelligent par ces temps de mondialisation) et interdire les cours d’éducation sexuelle. Dans le genre intégriste, c’est l’hôpital qui se fout de la charité.

Et moi, je demande: où sont donc les citoyens, les parents, qui ont une idée moderne de l’école, veulent qu’elle s’ouvre sur le monde et la réalité actuelle, mais refusent le charabia de nouvelles méthodes d’apprentissage qui embrouillent tout le monde, ne sont pas forcément contre les notes (puisque les évaluations aboutissent en réalité au même résultat), mais n’acceptent pas le prosélytisme, de quelque bord religieux qu’il soit? Où sont ces parents?

 

L’évaluation du travail de l’élève 17 novembre 2010


ou le jargon éducato-administratif

du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture.

Ai trouvé hier dans le cartable de ma fille de 7 ans, en première année primaire dans le canton de Vaud (vous savez ce canton où l’école est en chantier depuis 20 ans), une brochure intitulée L’évaluation du travail de l’élève. Informations aux parents. A l’origine de l’intention, on trouve le Canton de Vaud, son Département de la formation, de la jeunesse et de la culture et sa Direction générale de l’enseignement obligatoire.

Dans l’ensemble, pour moi qui suis francophone et plutôt bonne en français, la brochure est compréhensible. A l’exception de, par exemple, le chapitre 3 (celui qui m’intéressait, évidemment) appelé Comment évaluer? Et là, surprise! Ça veut dire quelque chose, certes, mais je ne suis pas sûre du tout de ce que j’ai compris – et je m’y suis reprise à trois fois quand même avant d’énoncer la sentence! Je vous livre tel quel ce …? truc! afin que vous vous fassiez votre petite idée vous-même:

3. Comment évaluer?

Par des travaux significatifs ou assimilés

  • Les résultats du travail scolaire sont évalués par des travaux significatifs répartis tout au long de l’année scolaire. Ces travaux mesurent l’aptitude de l’élève à utiliser ses connaissances ou des techniques dans une situation donnée (compétence).

Jusque-là, tout va bien. Pour moi, car mettez-vous à la place d’un parent ne parlant pas bien le français… Or, quand on connaît le nombre d’enfants dont les parents ne maîtrisent pas notre langue… Mais visez la suite, ça vaut son pesant de cacahouètes:

  • Les travaux significatifs constituent les éléments essentiels de l’évalutation sommative.

Sommative? Kèzako? C’est en fait une évaluation « après formation » dont les résultats comptent et qui donne lieu à une note (généralement) ou un diplôme.

Mais… patience, le meilleur est à venir:

  • Une série de petits travaux portant essentiellement sur des connaissances ou des techniques peut faire l’objet d’une appréciation ou d’une note. Un ensemble de petits travaux porte le nom de travail assimilé.

Arrêtez-moi si je délire, mais… elle est où la différence (significative, warf, warf) entre les deux?

 

 
%d blogueurs aiment cette page :