Patrizia a un avis sur tout

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Ce début de printemps, il y eût (et ce n’est pas fini): 27 avril 2014


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La constellation du chien de Peter Heller aux éd. Actes Sud 8 septembre 2013


C’est un livre étrange. Hypnotique. Ecrit comme si l’auteur était en transe pendant qu’il couchait sur le papier ce long monologue. Un monologue pris tel quel dans la tête du protagoniste principal: on EST dans sa tête!

Première impression: tout est en vrac. Pas d’ordre précis, chronologie à la « va comme je te pousse », impossible de lire ce livre autrement que du début à la fin*. Pas de logique autre que celle qui pousse dans nos têtes quand on pense: une pensée en suggérant une autre, en chassant une autre, une idée apparaissant au gré des associations d’idées du « héros » de cet étrange roman qui raconte l’histoire d’un monde « 9 ans après la fin de toute chose ».

Il y a fort, fort, fort longtemps, quand j’étais jeune et que je lisais encore du Stephen King,  j’avais adoré Le fléau. En achetant La constellation du chien, je pensais goûter à nouveau à la redécouverte d’un monde qui se reconstruit après une destruction complète, due à la grippe (c’est de saison et en votation dans nos contrées), la guerre ou que sais-je. Il m’a fallu un certain temps avant de comprendre comment ce roman fonctionnait. Pour cesser de chercher à comprendre où, quand, comment ça se passait. Pour me laisser prendre par la langue. Les phrases inachevées, mais avec un point. Une majuscule en plein milieu. Sans verbe. Comme quand on pense. Sans cohérence grammaticale. J’ai adoré.

Petit signe de tête. Cima a regardé au-delà de la prairie et du canyon. Si j’avais été peintre – elle était belle à ce point. Ce n’était peut-être pas qu’elle, mais le moment aussi. Le vert reflété obscurément dans ses yeux violets, et j’ai pensé, Si on s’écrase et qu’on meurt carbonisés demain matin, et bien.

* Quand le suspense se fait trop poignant, insupportable, qu’il m’empêche de savourer réellement l’intrigue,
la découpe psychologique des personnages, je vais jeter un œil sur les dernières pages,
histoire de calmer mon impatience (je suis la patience incarnée…).
Si je suis capable de le lire après, page après page jusqu’à la fin alors que je sais qui est le coupable,
c’est que le livre ne tient pas que par l’intrigue, la preuve (pour moi) qu’il a d’autres arguments
moins racoleurs et je l’en apprécie d’autant plus. J’ai d’autant moins de scrupule à lire comme je le fais que:
1) je suis une GRANDE lectrice, donc … les moralistes-là, lisez autant que moi et on en recause;
2) Comme un roman de Daniel Pennac m’a définitivement déculpabilisé:
finalement, qu’est-ce que ça peut bien vous faire la manière dont je lis un livre?
A l’envers, à l’endroit, dans tous les sens, c’est moi qui lis, non?
 

 
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