Patrizia a un avis sur tout

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Seule dans mes monts. Mais pas toujours… 30 décembre 2014


Le petit village de montagne dans lequel ma famille et moi nous sommes installés avec un immense bonheur chaque jour renouvelé il y a de cela 3 ans et demi, est une station de ski familiale l’hiver. Qui compte 1500 âmes à l’année. En novembre et mai, le village est vide d’une grande partie de ses habitants et les touristes sont rares. Les magasins (à l’exception d’une supérette ouverte 7 jours sur 7!) et restos sont fermés, ceux qui bossent l’été et l’hiver, sont en vacances. Et ceux qui n’en prennent pas à cette période goûtent le calme avant la tempête, la joie de vivre à la montagne, légèrement retirés de tout, en balades sereines et grand air bienfaisant.

Mais le plaisir d’une vie simple en pleine nature a son revers. Qu’on déguste chaque année entre Noël et Nouvel An, période pendant laquelle 10 000 personnes « habitent » la station. Voitures, chiens, skieurs, promeneurs et excités en tous genres, c’est un champ de bataille pendant 10 jours. Un défilé de combinaisons de ski, de chapkas et de Sorel plus rutilantes les unes que les autres, de 4×4 plus gros que son précédent. Un déferlement de touristes pressés d’en découdre avec les pistes et de pro-fi-ter au maximum. Ça nous fait vivre.

Ce qui me frappe chaque année – et c’est là le propos de ce billet –, c’est avec quelle absence de considérations pour nous les touristes débarquent. Entendez-moi bien, je m’en moque. Je me fiche éperdument de ce que peuvent penser ces quelques touristes richement vêtus qui paradent fièrement dans la rue et qui semblent nous jauger. Car je n’échangerai pour rien au monde ma nouvelle vie tranquille au cœur de la nature où les enfants grandissent libres comme l’air, pour la leur que je devine stressante comme une course au fric l’est sûrement.

Entre habitants et touristes résidents secondaires (qui viennent souvent, dès qu’ils le peuvent et qui, dès lors nous connaissent), les rapports sont courtois. On se parle. On se dit bonjour, on échange quelques mots. On partage ses humeurs sur le temps, la neige, la vie. Sans s’envahir, sans se mêler plus que nécessaire des affaires des autres, mais en s’aidant. Volontiers. Avec plaisir. Tout le monde, ou presque, sait qui est qui, connaît les enfants de tout le monde et a un œil sur eux. Ils grandissent confiants, dans une sorte de grande famille protectrice qui, véritablement, est très agréable à vivre. Je ne sais pas si cela est propre à tous les villages de montagne, mais il existe ici un véritable sentiment d’appartenir à une communauté. Et franchement, je ne pensais pas qu’il était si important de se sentir appartenir à une communauté, mais à l’évidence, vu le bien-être que nous ressentons depuis notre installation ici, ma famille et moi, et la coolitude de ceux qui habitent ici, C’EST IMPORTANT!

Où veux-je en venir?! J’y arrive. Pardon.

Ce qui me frappe donc, c’est… qu’aux yeux de gens de passage qui ne restent là que 10 jours (au plus!), nous n’existons pas. Et ici, ne pas exister aux yeux des autres, c’est pour le moins étonnant, parce que ça n’arrive jamais, en fait. C’est une sensation étrange de faire ses courses au supermarché de la station et d’être noyé dans une foule anonyme comme on le serait à Paris. Même les commis, caissiers et vendeurs sont neufs puisque venus de la plaine pour seconder l’équipe habituelle qui, du coup, est dissoute dans la masse, elle aussi.

10 jours durant, nous observons un ballet incessant de voitures, de gens énervés par le trafic et le monde (!). 10 jours durant, nous regrettons l’absence de civisme de touristes possesseurs de chiens qui se foutent éperdument de comment ils nous laisseront la station (qu’ils apprécient justement pour son côté maison de poupées bien rangée, pourtant). Nous évitons restaurants et magasins. Et attendons la deuxième semaine de janvier pour aller skier en paix sur des pistes immaculées, damées juste pour nous, dans un décor féérique que La reine des neiges elle-même ne renierait pas.

Quant je pense que certaines personnes n’ont jamais skié que sur des pistes bondées de mauvais skieurs prétentieux (et dangereux) et jamais, en fait, goûté aux calmes de nos monts!

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