Patrizia a un avis sur tout

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La famille Bélier de Eric Lartigau 28 décembre 2014


Aller au cinéma avec une mini-moi de 11 ans voir un « film de grands », c’est déjà, en soi, un vrai plaisir après des années de dessins animés. Et on ne se prive pas de tenter l’expérience assez régulièrement. En sachant que, sortis des films calculés pour plaire aux enfants (ET aux parents, sont pas cons les producteurs, la tendance n’est pas récente, récente, mais n’a pas plus de 20 ans tout de même), les dits-enfants auraient tendance à « faire l’effort » de regarder les film ou docu choisis. Ils y mettent certes beaucoup d’application, mais ne goûtent pas trop l’expérience quand même (du moins sur le moment, car c’est nécessaire, à mon avis, de demander à ses enfants des « efforts » de ce type, pour leur culture future et leur apprentissage de l’art). Bref, quand l’occasion se présente d’aller voir un « film de grands » – tout public sans être de la daube – avec une mini-moi complètement captivée par le propos et le jeu des acteurs, attentive aux dialogues et riant, pleurant aux bons endroits, c’est véritablement magique.

La famille Bélier sera ce film de fin d’année partagé en famille avec grand plaisir. Malentendante et appareillée, le sujet m’intéresse au plus près. D’ailleurs je viens de lire  – et ne cesse de l’offrir depuis – Les mots qu’on ne me dit pas de Véronique Poulain, entendante née de parents sourds-muets. Les propos dans le film et dans le livre, sont à quelques choses près, les mêmes: le bruit que font les sourds (qui ne s’entendent pas), leur langage cru, direct, voire hyper-sexualisé (le corps est un outil, un ami, ils n’ont point les tabous corporels dont s’encombrent les entendants), par exemple. On peut regretter, à l’instar de cette journaliste anglaise (Rebecca Atkinson du Guardian) que des acteurs entendants (Karin Viard dans le rôle de la mère, notamment) aient été utilisés pour jouer des sourds-muets de naissance. La gesticulation semble, en effet, parfois quelque peu forcée et peu naturelle et il doit être difficile d’oublier qu’on entend (et parle!) tant c’est intrinsèque de la personnalité (les sourds ne voient pas le monde de la même manière que les entendants).

Quant à l’autre reproche fait par Rebecca Atkinson au sujet du thème central du film, le bruit, le chant, la musique (qui n’intéresseraient pas les sourds et serait un propos d’entendants), cela reste à vérifier avec d’autres sourd(e)s. Véronique Poulain, je l’ai dit plus haut, souligne à quel point le monde des sourds est bruyant. Et il se trouve qu’ils – ne leur en déplaise parfois – vivent dans un monde d’entendants! Borborygmes intimes dérangeants ou bruits du quotidien insupportables, sur le net, les enfants de sourds qui s’expriment disent tout pareil. C’est donc une réalité. Qui n’existe sans doute pas pour elle, sourde de naissance, mais pour les autres, oui! Et le fait que le film tourne autour du chant et de la musique se justifie puisque cette fille de sourds-muets est entendante, elle! Bref, polémique inutile et j’en termine là mon avis.

Sur le film et ses qualités, disons qu’il est bon: entraînant, accessible au plus grand nombre, bien joué (Eric Elmosnino est absolument top en prof de chœur désenchanté et cynique). Sympathique, il a le mérite de parler d’un sujet un peu tabou, peu exploité au cinéma.

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