Patrizia a un avis sur tout

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Time out d’Andrew Niccol 8 avril 2014


J’aime bien la science-fiction quand elle est parabole, du genre qu’on trouve dans la bible. Et là, c’est clairement le cas. J’ai chopé ça en court de route sur la TV numérique, et alléchée par les images futuristes, mais pas trop,  j’ai repris depuis le début (ha, la technologie avec laquelle je ne suis pas née, comme c’est trop bien!). Je vous fais pas le résumé, vous êtes assez grand pour aller sur youtube, les gens.

Bon, ok, c’est un peu le Bonnie & Clyde des temps futurs et ça, ça m’a amusée moyen. Tu mixes ça avec une version moderne de Robin des Bois et t’as la morale du film. C’est pas le côté le plus intéressant de l’objet. Les scènes d’action clairement surréalistes (courir – vite, très! – avec des talons de 15 cm de haut?!, faire des tonneaux au volant d’une décapotable et en sortir indemne?!), non plus. Les scènes d’amour (ouf!) ne sont pas ce truc larmoyant et sentimental qui ont le don de m’exaspérer et pour cause, elles n’existent quasiment pas! Et ça, c’est bien. La relation est juste – et bien– suggérée, et ça, c’est suffisant. Et intelligent.

L’idée du temps qui s’arrête, se monnaye, se dépense plus vite qu’il ne passe: ça, c’est accrocheur, intéressant, malin. Et pas assez développé. Je me suis prise à espérer qu’il existait un livre duquel ce film serait issu, que je m’empresserai de lire pour accéder à tous ces menus détails qui me manquent: comment nourrit-on ses enfants quand on doit en payer le prix de minutes de vie? En fait-on seulement? Qui a inventé ce mécanisme de « jeunesse éternelle » (auquel seuls certains accèdent en vrai)? Qui l’a imposé comme la norme? Pourquoi les riches qui font ce qu’ils veulent, et vivent lentement puisqu’ils ont le temps, ne profitent-ils pas mieux en étant plus heureux? On le comprend en filigrane, mais j’aurais aimé plus de développement sur cet ennui abyssal qui semble habiter les nantis.

C’est une allégorie de notre monde régulé par l’argent. Non, par le commerce de l’argent, plutôt. Celui-là même qui laisse sur le carreau des milliards de personnes sans que les plus – de façon réellement indécente – riches n’en soient plus ébranlés que ça. Ça, c’est une chose que j’aurais aimé comprendre, que J’AIMERAIS COMPRENDRE: comment en arrive-t-on à gagner en une journée plus que nous (la classe moyenne enviée par le tiers-monde, qui avons un toit, de quoi se nourrir et des loisirs) en cent vies et trouver ça normal?

Qu’elle est naïve, direz-vous! Sans doute, mais méfiez-vous, car ce sont les interrogations les plus simples auxquelles il faudra bien un jour répondre: comment peut-on laisser crever plus des trois quart de l’humanité sans broncher? Pire: en trouvant cela normal.

Ce film me trotte dans la tête depuis hier et il va le faire longtemps, m’est avis.

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