Patrizia a un avis sur tout

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Les eaux qui dorment de Geneviève Biffiger aux éd. Eclectica 20 octobre 2013


Ouais, ouais, ouais… Bof, bof? Ou juste bof, oui mais? Rhaaaa, les romans écrits en français me posent régulièrement problème. Je préfère les traductions et je me demande bien pourquoi puisque j’aime les choses bien écrites. Curieux, non? Bon, dans l’ensemble, ce roman à la trame alambiquée au possible ne m’a ni déplu, ni plu. Qui est qui dans ce chassé-croisé amoureux qui met les pères au niveau des frères, les nièces à celui des petites-filles? Bref, vous l’aurez compris (mais l’avez-vous vraiment?): tout le monde couche avec tout le monde (en gros) et fait des enfants à la généalogie compliquée et torturée.

J’ai retenu de jolis (très jolis!) passages sur l’amour charnel (et c’est rare, tant, en général, ces passages-là me gavent) et quelques jolies tournures de pensée dans la tête de Cyprien, un des frères de l’histoire, alors enfant. Pour le reste, si je l’ai lu jusqu’au bout, c’est pour savoir où allait finir cet embrouillamini de passions, adultères et coucheries. Et ça finit bien. Vous voyez, quoi. Sinon, côté descriptions, par exemple… du type de celle-ci:

Elle savait bien pourtant que ce chalet avait abrité des jours heureux, de ceux où tes parents vivaient encore ensemble, où vous passiez des jours insouciants, au milieu des pâturages bosselés où s’éparpillent fidèlement chaque été des milliers de fleurs frêles et vivement colorées et tremblent les graminées légères. Où cascade le torrent limpide sur les pierres brillantes de quartz. Plus loin, c’était le cercle des hauts sommets de granit où seuls les lichens parviennent à s’agripper quand la neige consent à disparaître qui enserrait la sauvage somptuosité du site.

Voilà, voilà…

Et comme il aimait bien les gamins, Jeannot – il se considérait un peu comme un grand-oncle, à défaut d’être un vrai grand-père – il s’arrangeait pour croiser leurs chemins, en dehors du village.
Ce qui n’était pas très difficile parce que, dans les campagnes, les petits garçons, et même les fillettes, de plus en plus dégourdies – il lui fallait bien le reconnaître, même si cela mettait à mal son machisme – adoraient partir en exploration, plus ou moins loin du regard des parents…

Ou comment ne pas se fouler pour faire comprendre le caractère du dit-Jeannot, en balançant tout de go une explication venue de l’extérieur (qu’il n’a pas pu, en tous cas, lui, se faire à lui-même). Je déteste quand on me mâche le boulot et qu’on me décrit tout par le menu.
Bref… à vous de voir.

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2 Responses to “Les eaux qui dorment de Geneviève Biffiger aux éd. Eclectica”

  1. Bonjour Patrizia-qui-a-un-avis-sur-tout. Je ne sais pas si l’auteur(e) est supposé(e) répondre à un billet d’humeur, mais je me permets de le faire. Je suis tombée par hasard sur votre critique des Eaux qui dorment en me baladant sur Google, et j’en ai été très surprise, et très honorée. Ma notoriété n’est pas telle que je m’attendisse (?) à être l’objet d’un si long développement et je vous en remercie. Vous concédez quand même quelques qualités à ma prose que vous avez lue jusqu’au bout. Ouf!
    Je tiens juste à vous signaler qu’un homme peut être parfaitement conscient, in petto, de son machisme (à propos de Jeannot) et ne se l’avouer qu’à lui-même. J’en connais!
    Ah! Encore! Les « bof, bof, ouais, ouais, voilà, voilà… », n’est-ce pas une façon de « ne pas se fouler » ? C’est la seule réflexion qui m’ait pincée, car je peux vous le dire, je me suis foulée, même si cela ne se voit pas. Et, qui plus est, cela tombe sur Jeannot qui mon préféré!
    En tout cas, merci de votre commentaire qui me prouve que mon premier roman fait son bonhomme de chemin. Puis-je me permettre de vous demander par quel miracle il est tombé dans vos mains, et qui plus est, choisi pour être passé au crible de votre regard de lectrice?
    Bonne chance pour votre blog, et peut-être à ma prochaine parution?

    • essaipat Says:

      Oups, me suis-je dit quand j’ai vu qui avait pris la peine de me lire et de réagir. Et… non. Classe, la réponse. Pas mal du tout. J’admire. Ouf, me suis-je dit, enfin.
      Quant au reste, je prends deux secondes de mon temps (sans trop me fouler, c’est pas mon genre) pour répondre:

      1) Jeannot m’a semblé quelque peu limité intellectuellement pour pouvoir se dire ce genre de choses. C’est ainsi, du moins, que j’ai perçu le personnage. Mais c’est sans doute faux.
      2) Je ne me suis sans aucun doute pas beaucoup foulée, mais c’est mon droit. D’autant plus que je n’écris pas pour être publiée. Juste pour donner mon avis (ça me démange, vous l’aurez compris avec mon titre de blog). Comme un besoin d’expectorer le trop plein de sentiments, émotions, avis qui sinon, encombreraient mon esprit.
      3) Heu… comment suis-je tombée sur ce livre? Me rappelle plus. L’ai vu quelque part et j’ai trouvé la couverture sympa, le titre aussi. Et l’ai commandé chez Payot. Je crois.
      Ais-je bien répondu?
      P.S.: Si vous avez la chance d’être à nouveau publiée, votre réponse classieuse m’invite à retenter le coup, alors à votre prochaine parution.


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