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Les #pharmas délocalisent pour obtenir des cobayes humains au rabais 22 septembre 2013


Le dernier numéro spécial de la LaDéclarationDeBerne porte sur la délocalisation des essais cliniques et les violations éthiques lors de tests de médicaments sur des populations vulnérables (entendez par là, pauvres et non au fait de ce qu’elles subissent en réalité). Et c’est effarant. Désolant. Révoltant. Inacceptable. La Déclaration de Berne demande d’ailleurs à notre Ministre de la santé Alain Berset* d’oser s’attaquer à la toute puissance des pharmas. On peut rêver.

Morceaux choisis et nauséabonds de ce que font subir à d’autres les firmes Roche, Pfizer, Astra Zeneca, GlaxoSmithKline, Merck Sharp & Dohme (MSD), pour ne citer qu’elles, sous le bienveillant regard de Swissmedic:

Kano, Nigeria, 1996. Une grave épidémie de méningite sévit. Des organisations humanitaires sont déployées pour aider les quelque 110 000 personnes touchées. Elles luttent au moyen de médicaments approuvés et recommandés par l’OMS. C’est ce moment et cet endroit que choisit la pharma états-unienne #Pfizer pour tester le Trovan, un antibiotique non homologué, sur 200 enfants. Onze mourront, de nombreux autres seront laissés invalides. De graves déviations par rapport au protocole de l’essai clinique seront aussi constatées, de même que des défauts dans la procédure de consentement ainsi que la falsification des documents d’autorisation officiels. En outre, l’essai clinique s’est déroulé dans un hôpital public et a mobilisé des ressources humaines importantes pour des intérêts privés, dans une période de crise sanitaire où les besoins de personnel étaient immenses. Le cas fera l’objet de plaintes tant au Nigeria qu’aux Etats-Unis. Un arrangement à l’amiable – d’un montant de 75 millions de dollars – y mettra fin en 2009 et les premières indemnisations de victimes seront octroyées dès 2011. Le Trovan ne sera jamais homologué pour les enfants. Il le sera pour les adultes, mais, à la suite de la multiplication de graves effets secondaires, les ventes seront sévèrement restreintes aux Etats-Unis et suspendues en Europe.

En 2008, #Roche a testé l’utilisation d’un immunosuppresseur, l’ocrelizumab, pour traiter le lupus néphrétique, une maladie auto-immune engendrant des problèmes de reins. Mené dans plusieurs pays, dont l’Argentine, l’essai sera finalement suspendu en raison d’effets secondaires sérieux. Mais le problème n’est pas là. Selon le formulaire de consentement de la DB a pu se procurer, les patients recevaient, en plus de l’ocrelizumab ou du placebo, un traitement dit « standard » comprenant le CellCept (mycophénolate mofétil), un immuno-suppresseur utilisé pour prévenir les rejets lors de transplantations. Or, même si les médecins le prescrivent officieusement pour le lupus, le CellCept n’est pas autorisé en Argentine pour traiter cette maladie. Le présenter comme un traitement « standard » est donc mensonger et constitue une violation éthique. Par ailleurs, cela signifie que, une fois l’essai terminé, si le CellCept s’est montré efficace pour cette pathologie, les patients ne peuvent pas y avoir accès.

Bhopal, 1984. Une des plus graves catastrophes industrielles de l’histoire entraîne des milliers de morts et laisse d’autres milliers de personnes avec d’importantes séquelles.
Bhopal, 2004. Une dizaine de firmes, dont #Pfizer, #GlaxoSmithKline et #Astra Zeneca, entreprennent des essais cliniques dans l’hôpital réservé aux victimes de la catastrophe chimique. Les essais cliniques portent sur des médicaments qui ne sont, à priori, pas prévus pour traiter les conséquences de la catastrophe, comme des complications postopératoires, des infections nosocomiales ou des maladies cardiovasculaires.
Ils seront interrompus en 2008 sur ordre de la direction de l’hôpital. De nombreuses irrégularités seront en effet constatées aux niveaux du recrutement, de la procédure de consentement, de la compensation des dommages et du travail de la commission d’éthique de l’hôpital. Mener des tests sur des victimes d’une catastrophe, dans un hôpital où les patients viennent pour être soignés gratuitement, sur des médicaments qui ne leur seront, au premier abord, pas accessibles, ni même peut-être utiles, constitue une violation éthique majeure et relève du cynisme le plus absolu.

Ça se passe comme ça apparemment dans les pays pauvres, mais nos contrées, riches et cultivées ne sont pas à l’abri du cynisme absolu et de l’absence totale d’éthique des pharmas, toutes firmes confondues. La preuve par la « pandémie » du H1N1 contre laquelle le Tamiflu devait nous protéger et le Vioxx:

La décision des gouvernements du monde entier – Suisse comprise – de stocker l’antiviral Tamiflu de Roche en prévision des pandémies grippales reposait sur des études individuelles dont huit sur dix n’ont jamais été publiées. D’autres résultats d’essais cliniques n’ont jamais été mis en avant par le géant bâlois. Depuis 2009, des scientifiques indépendants demandent à Roche de pouvoir accéder à toutes les données des 74 essais cliniques menés sur ce médicament. Ce n’est qu’en avril dernier, alors qu’il l’avait promis à maintes reprises, que le géant bâlois a annoncé vouloir offrir cet accès, non sans conditions. Bilan: Roche a vendu pour plus de 12 milliards de francs de Tamiflu depuis 2002, un produit dont l’efficacité est sujette à caution avec de potentiels effets indésirables passés sous silence (lire Solidaire 224).
En septembre 2004, la firme Merck Sharp & Dohme (MSD) annonce le retrait immédiat du marché de son produit contre l’arthrose Vioxx du fait d’un risque de complications cardio-vasculaires. Or, l’agence états-unienne du médicament (FDA) avait identifié, en 2001 déjà, que le Vioxx provoquait cinq fois plus d’infarctus qu’un anti-inflammatoire concurrent, sans pour autant suspendre son autorisation. Plusieurs rapports d’essais cliniques, dont certains n’ont pas été publiés immédiatement, ont confirmé ce risque. Merck a néanmoins multiplié les démarches auprès de médecins pour minimiser la chose. Bilan: plus 100 000 arrêts cardiaques entraînant quelque 10 000 décès rien qu’aux Etats-Unis, qui auraient pu être évités si les résultats avaient été rendus publics en temps et en heure.

*Ministre de la « santé »… L’est-il vraiment ou suit-il plutôt les « recommandations » des pharmas,
toujours si enclins à œuvrer pour le bien de l’humanité?

Dossier complet sur le site de la Déclaration de Berne: http://www.ladb.ch/essaiscliniques

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