Patrizia a un avis sur tout

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L’embellie d’Audur Ava Ólafsdóttir 25 janvier 2013


Ils ont dû mal comprendre la pancarte rédigée en cinq langues qui précise que l’on doit ôter son maillot de bain pour se laver avant d’entrer dans la piscine: descendus du barrage, cinq étrangers, spécialistes en explosifs, arrivent au bassin tout nus. Le maître-nageur se lance vaillamment à leur poursuite avec son sifflet tandis qu’ils gravissent à la queue-leu-leu. Pendant que tout le monde les contemple depuis la marmite, par-devant et par-derrière, la conversation tombe à l’eau.

J’ai adoré la Norvège (10 jours entre Oslo et Trömso en juin au moment du solstice d’été) pour ses contrastes entre neige et mer, sa lumière nuit et jour, ses forêts et sa lande, ses rennes en liberté, ses habitants rudes, mais joviaux. J’ai moins goûté aux paysages islandais, plus arides, même si les contrastes sont également saisissants, la mer et la montagne tout autant présents simultanément. Le climat surtout (il a fait moche une bonne partie des 15 jours passés là-bas) et l’ambiance générale font que j’ai trouvé l’Islande, cette terre vivante d’esprits (le monde y serait né d’après Jules Verne), moins enthousiasmante et plus plan-plan. Néanmoins, j’ai tout de suite compris que ses paysages lunaires, ses millions de moutons (il y en a plus que d’habitants) disséminés dans les prés que parcourent des rivières d’eau chaude (!), les spots puants d’eau fumante (et bouillante), les cascades hallucinantes, les routes désertes, les glaciers, les terres brûlées par les éruptions volcaniques, tout cela avait un petit arrière-goût de « reviens-y » et un côté addictif qui fait qu’un jour, TU DOIS y retourner.

Lire L’embellie, cette histoire d’une équipée hivernale autour de l’Islande d’une jeune femme et d’un enfant qu’on lui a confié, n’a fait qu’amplifier la sensation. Les Islandais, à la langue si particulière et compliquée, ont une façon bien à eux de voir la vie, le monde. Un humour féérique et décapant. Une jovialité étonnante et rafraîchissante que l’auteure du livre a parfaitement su partager avec ses lecteurs.

Cela m’a rappelé mes impression de voyage. Ce sentiment, partagé, que le peuple islandais est tranquille, égalitaire, que les femmes et les hommes y sont libres, déchargés des stéréotypes genrés, qu’ils ont un rapport au corps sain et naturel, que la beauté et la laideur ont moins d’importance que par chez nous et que la nudité ne les effraie pas, qu’elle soit le fait de très jeunes enfants ou de très vieilles personnes. Cela m’a fait du bien. Je pense qu’en Islande, il doit être plus facile d’accepter le corps et l’âge que l’on a.

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