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Les violeurs alcoolisés bénéficient de circonstances atténuantes s’ils sont à l’armée 26 avril 2012

Filed under: Ça m'énerve!,Revue de presse — essaipat @ 11:35

La nouvelle m’avait consternée. Mais bon, je ne peux pas réagir à tout, donc j’ai remisé ça dans un coin.

Ariane Bailat dans sa Tribune libre qui paraît dans L’Anticapitaliste a mis tous les mots que j’avais en bouche pour son dernier « Fil d’Ariane ». Mieux, je ne pouvais pas dire, alors je vous laisse la lire:

Lu l’autre jour avec consternation l’histoire de ce sous-officier reconnu coupable d’avoir violé une soldate à la caserne, et qui a été condamné à une « peine » de 22 mois de prison avec sursis!

Ce jugement – dira-t-on qu’il est complaisant ou alors carrément dégueulasse? – rendu par un tribunal militaire intervient quatre ans après les faits. Dans un premier temps, le sous-officier avait écopé de deux ans dont six ferme – ce qui était déjà une condamnation d’une légèreté suspecte – mais le viol s’étant déroulé alors qu’il était en état d’ébriété, le condamné a fait recours plaidant l’irresponsabilité consécutive à l’ivresse

Fallait oser! comme dit mon journal préféré. Fallait oser et surtout fallait pas s’en priver car le tribunal militaire, dans sa grande mansuétude envers l’un de ses pairs et empreint d’un sens aigu de la psychologie qu’on ne connaissait pas aux hommes de troupe, a effectivement admis une responsabilité limitée au violeur. Une petite faiblesse après une soirée trop arrosée en quelque sorte… « Il est des nôôôôtres, il a tiré son coup comme les z’au-au-tres! » C’est émouvant comme, entre hommes, on se comprend…

Alors que d’aucuns se retrouvent au trou pour des broutilles, voilà un sous-officier qui comment un CRIME sur une subordonnée et qui s’en tire avec du sursis. Et l’on découvre à cette occasion que ce qui constitue un motif aggravant dans la société civile devient une circonstance atténuante dès lors qu’on endosse l’uniforme pour servir sous les drapeaux. C’est bon à savoir. Tous les fêtards de fin de semaine qui frétillent de la quéquette après s’être noyés dans leurs chopines Feldschlössen peuvent dès maintenant s’engager dans l’armée suisse: on ira pas leur chercher des poux dans la tête ni des morpions dans le caleçon!

Je fais comme ça semblant d’en rire, mais cette histoire est dramatique. L’article nous dit que la victime est dévastée. On le serait à moins. Dans le civil, son agresseur aurait pris trois à dix ans ferme et sûrement aurait-on relevé que son crime était encore plus grave parce que commis sur une personne qui était sous ses ordres. Mais l’armée est donc un monde à part, régi par ses propres lois. L’esprit chevaleresque sans doute. J’allais dire l’esprit de corps…

Pour être honnête, je me dois de préciser que le coupable reste en liberté, certes, mais comme il a gravement terni l’image de l’armée, il se voit aussi dégradé. Ouf! L’honneur est sauf! Quant à savoir si la victime s’est sentie salie et dégradée, ça, la justice militaire n’en pipe pas mot. L’info est peut-être classée secret défense…

Ariane Bailat
Tribune libre d’Ariane Bailat, militante libertaire, ancienne syndicaliste reconvertie en tenancière de bistrot à Genève.

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