Patrizia a un avis sur tout

© Tous les textes et photos de mon cru m'appartiennent et ne peuvent être utilisés de quelque manière que ce soit et sur n'importe quel support sans mon autorisation expresse!

Six mois déjà. Toujours en pleine lune de miel avec la montagne, moi. 1 janvier 2012

Filed under: Ma nouvelle vie à la montagne — essaipat @ 10:59

Après 20 ans en ville, nous avons pris, il y a six mois, le chemin des monts. En famille. Six mois, c’est le temps d’un bilan.

Dans ma nouvelle vie à la montagne, il y a eu le temps:

  • De ch… en juillet, mais on en profitait (à fond!) au bord du lac de Côme (où il n’y a… rien à part la plage, alors quand il pleut…), donc on n’a que des bons souvenirs d’ici.
  • Chaud, sec et incroyable en août.
  • Puis pareil en septembre.
  • Même chose en octobre.
  • Rebelote en novembre avec, en plus, PLUS AUCUNE VACHE SUR LES PÂTURAGES (ce qui contribue grandement à me détendre en balade)! Ce novembre qu’on nous prédisait pourri, déprimant et moche, hop, jamais vu! Ceci dit, novembre en plaine…
  • Neigeux, blanc et magique en décembre. Franchement, on ne pouvait rêver meilleures saisons pour nous acclimater.

    Mon balcon au lendemain de Noël.

Il y aura eu l’école:

  • Bibliothèque des enfants le jeudi matin avec une autre maman.
  • Horaires scolaires (surréalistes) alignés sur ceux du train qui transporte quatre fois par jour de petits écoliers hauts comme trois pommes depuis des coins improbables (leur « at home ») à l’école et inversement. La tête des touristes quand ils voient où s’arrête le train (et qui y monte: des petits lutins aux bouilles de bébés chargés comme des ânes).
  • Impossibilité – ou presque – de travailler à cause des horaires et de l’absence de prise en charge (pourtant obligatoire depuis peu). Tout le monde s’en fout (moi, la première), mais le village est hors-la-loi, c’est-y pas drôle, ça?
  • Confection des biscuits tout un matin avec les enfants: le système est à breveter: on fait ou on achète la pâte, on confectionne les biscuits un matin entier avec les enfants et… on rachète (cher) les biscuits lors du marché de Noël. Le dit marché étant destiné à financer les – nombreuses! – activités extra-scolaires. Souriantes et satisfaites, nous sommes, les mères. En plus.
  • Des activités scolaires et extra-scolaires que peuvent nous envier les citadins. BEAUCOUP de sport (piscine en septembre et au printemps, ski – piste et fond – chaque semaine en hiver PENDANT l’école, gym pendant et après l’école, patin entre midi et deux, etc.), mais aussi, le Noël des bûcherons, le chœur des enfants chaque semaine et deux concerts à Noël dont un sur les heures de classe, des bricos of course et des devoirs. Beaucoup de devoirs. Scolarité à l’ancienne, très pointilleuse sur les détails et moins ouverte sur le monde qu’en ville mais il semblerait que les enfants d’ici soient beaucoup mieux préparés dans les matières de base. A vérifier plus tard et pour l’ouverture au monde, on s’en chargera nous-mêmes quand l’enchantement d’une vie en plein air telle qu’on la vit ici sera passé.

Il y aura eu aussi la vie sociale:

  • De passer d’un coup d’une vie de quartier pratiquement inexistante où tu ne parles aux gens qu’après être allé sonner chez eux à une vie où tu ne fais pas dix mètres sans dire bonjour à quelqu’un, c’est… comment dire? Stupéfiant. Proprement stupéfiant. Et comme, en outre, à cause d’une organisation communale quelque peu défaillante sur le plan de la prise en charge des enfants (voire plus haut), les mamans (et quelques papas) travaillent peu et sont très présents sur les lieux d’activité des enfants, et bien… C’est incroyable ce que le fait de dire « bonjour, ça va » plusieurs fois par jour et de partager régulièrement avec des gens différents, ça vous change une vie de mère. Je me sens moins isolée qu’en ville. Je sais, c’est un cliché, mais je ne l’avais encore jamais pris de face, alors permettez que je m’ébaubisse!
  • Les – très! – nombreuses animations qui jalonnent les mois et les saisons. Gratuites ou quasi. L’office du tourisme est dynamique, c’est le moins qu’on puisse dire. Ainsi, en décembre, j’ai bu – à des stands divers et variés, ainsi qu’aux fenêtres de l’Avent concoctées joyeusement tant par des commerçants que par des privés (l’an prochain, je m’inscris) –, plus de vin chaud en un mois qu’en une vie entière! Je ne peux plus voir le vin chaud en peinture, c’est dire! Et gratuitement, je vous prie.
  • Ici, les relations sont simples, courtoises, chaleureuses. Les gens sont souriants, se parlent, sont détendus pour la plupart et, ceci explique peut-être cela, s’occupent de leurs affaires (ce qui n’est pas incompatible apparemment). Pourtant chacun connait les enfants des autres et a un œil sur eux. Ceux-ci peuvent être lâchés dans la nature sans trop de peur et n’ont pas crainte de te demander un service. Les gens se connaissent, en un mot. Je sais, c’est un cliché, mais de le vivre au quotidien, ça « m’esbaubi ». Je n’ai pas dit qu’il n’y avait pas de problème, mais, pour l’heure, je n’en ai pas encore vu l’ombre d’un.

Il y aussi la nature:

  • Même au centre du village, nous sommes à deux pas de la nature. La  vraie, pas celle domestiquée des (beaux, certes) parcs publics. Majestueuse, sauvage. Sauvage. Je ne sais ce qui a vraiment guidé ma décision de quitter la ville pour la montagne, mais une chose est sûre, c’est qu’une fois sur place, je me suis rendu compte à quel point j’avais besoin de nature. Pas juste une envie. Un besoin. J’avais un besoin impérieux, essentiel de nature vraie. Sauvage. Livrée à elle-même. Ma nouvelle vie à la montagne a comblé ce besoin sans même que je dusse produire un effort particulier. Juste être là. Au cœur du village, entourée de forêts et de sommets, ça a suffi à me rendre plus sereine. Plus heureuse.

Et bien sûr les touristes!

  • Commençons par dire que, en saison, soit entre Noël et Nouvel An, nous passons de 1500 habitants à l’année à … 10 000! Ça nous change une station et pas en mieux.
  • Comme tous attendaient la neige (seule et unique raison pour eux de visiter notre station), ils sont arrivés en masse et tous en même temps le 26. La station s’est emplie de gros quatre 4X4 puissants aux plaques vaudoises (et quelques genevoises) et de Parisiens qui ne valent pas mieux que les conducteurs des premiers. Ceux-là traversent à toute bombe la rue principale, se garent n’importe où, laissent leurs chiens faire leurs besoins sur la neige sans ramasser (pour quoi faire?) et encombrent l’entrée du supermarché de leurs véhicules que pas un habitant d’ici ne possède ou presque (c’est dire l’utilité du truc). Les seconds ne sourient pas (pour quoi faire?), sont hautains et nous prennent pour des bouseux. Aux guichets, aux restos, nous n’allons pas assez vite pour eux. Tous sont nerveux et agressifs. Ça surprend.
  • Vus avec le recul que me confère un regard tout neuf et émerveillé sur la station, je constate qu’ils viennent pour le pittoresque. Et que, dans le même temps, ils nous reprochent d’être des cul-terreux montagnards. En gros. C’est curieux, en fait. Intéressant sociologiquement parlant. Perso, ça m’amuse beaucoup de les voir nous prendre de haut. Quand on sait que les gens d’ici, paysans inclus, ont choisi d’y vivre et que nombreux sont les universitaires et les gens bien dotés à habiter à l’année, je rigole sous cape. Et comme tous les habitants d’ici, je fais et laisse braire, tant je sais que dans une semaine, la station reprendra son allure bonhomme et calme qui me va si bien au teint. Entretemps, j’aurais, comme tous ici, gagné quelques sous avec ces gens qui se sont crus chez eux le temps d’un réveillon.

En conclusion, vous l’aurez compris: j’adore ma nouvelle vie à la montagne! Et j’espère bien que la lune de miel se transformera en amour durable longtemps, longtemps, longtemps. Mais cela m’aura appris une chose, c’est qu’il y a toujours moyen de changer de vie. Et que ça fait du bien. Et ce sera tout pour aujourd’hui.

P.S.: je vous ferai mes vœux pour la nouvelle année une autre fois, probablement juste avant le 31 janvier,
date butoir pour avoir encore le « droit » de les faire, mais d’ici là, portez-vous bien et faites de votre vie, la vôtre justement!
Publicités
 

One Response to “Six mois déjà. Toujours en pleine lune de miel avec la montagne, moi.”

  1. stephanie Says:

    Tout cela est bien joli mais moi je regrette que tu sois partie ou alors que l’on ne se soit pas rencontrées plus tôt :-).
    J’en profite pour te souhaiter de continuer ta lune de miel le plus longtemps possible parce que c’est quand même mieux qu’un amour durable ;-).
    Bisous.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s