Patrizia a un avis sur tout

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Ces cochons de salauds de chômeurs. Tous des profiteurs! 6 novembre 2011


Le travail devient denrée aussi rare que l’éthique dans les grandes entreprises qui, de colloques en séminaires pompeux, de département RH somptueux en bonnes intentions affichées (à l’égard de tous: pays sous-développés et employés compris) se foutent littéralement de la gueule du monde. En toute impunité. Car les voleurs sont ceux qui volent du pain quand ils ont faim, du fric quand ils n’en ont plus pour payer leur très cher loyer. Voire leur assurance quand ils sont las de se faire indûment tondre. Ne sont pas considérés comme des criminels, mais alors pas du tout – et en toute impunité, rappelons-le! (oui, rappelons-le) – ceux qui mettent le monde à genoux, créent famines et guerres partout où cela est facile à créer, voire entretiennent les conflits quand cela peut arranger leurs affaires (financières, évidemment)*, et/ou vivent sur le travail de leurs employés qu’ils licencient aussi facilement qu’on écrase une mouche.

Parlons (par exemple) de Tamedia/Edipresse qui de bénéfices en bénéfices, presse un peu plus ses employés (quand il en reste), les maltraite (non, le mot n’est pas trop fort) en leur faisant subir de ridicules brimades pour de ridicules points de détails, les exploite et les vire au premier incident ou signe de rébellion, les divise pour mieux régner (plus un n’ose ouvrir la bouche).

Parlons (aussi) de Novartis. Qui met au chômage ceux-là même qui ont fait tout le boulot (pendant que les cadres dirigeants soignaient leurs réseaux). Qui ont littéralement créé la fortune de l’entreprise. Vagues fourmis de bas étages, ils seront jetés aux orties comme s’ils n’étaient que des vauriens. Tout ça pour? Parce que l’entreprise va mal? Parce que les médicaments qu’on nous vend à grand (et cher) renfort de propagande mensongère ne se vendent plus? Que nenni! Tout ça, probablement (puisqu’ils n’ont pas le culot de l’avouer) pour offrir aux actionnaires (ces dieux des temps modernes) les mêmes dividendes. Que l’an passé. Voire plus. Si possible.

Quant au fait que, à ce niveau-là de gain, un peu plus ou peu moins ne va pas changer le quotidien de ces actionnaires… Quant au fait que, à ce niveau-là de gain, un peu moins, même un tout petit peu moins, change vraiment la vie des employés… Quant au fait que ces entreprises-là se délestent sans vergogne de leurs responsabilités sur la société tout entière (via l’assurance chômage et les services sociaux)… Qui s’en soucie? Pas les politiciens apparemment qui, sous couvert de liberté d’entreprise (c’est le nouveau mot pour allégeance totale et sans répit du petit peuple aux « lois » du marché) osent – sans rire! – affirmer que mettre des bâtons dans les roues de la liberté d’exploiter de commerce va créer du chômage…! C’est une blague?

Parce que quand on laisse faire les Novartis, Tamedia et Cie, il y a moins de chômeurs?

Et, ironie oh combien suprême de nos temps de foutage de gueule complet, devinez qui seront stigmatisés? Montrés du doigt? Présentés comme des fainéants? Mieux: des profiteurs? Qui sera puni quand il/elle refusera d’accomplir ce que l’ORP dit être un « job acceptable » (à trois heures de chez toi, sans compensation, et moins payé bien sûr, te pénalisant du coup sur tes prochaines indemnités)? Qui devra accepter de travailler sur appel (alors que c’est illégal) parce que le chômage te l’imposera? Qui se verra claquer la porte au nez de toutes les entreprises parce qu’elles n’engagent plus? Qui aura honte de dire qu’il est inscrit au chômage comme si c’était de sa faute? Gagné!

Franchement, là, chapeau bas! Non seulement, les vrais coupables ne sont pas inquiétés, mais les victimes se sentent et sont traitées comme des coupables. N’est-ce pas magnifique?  Et ce sera tout pour ce beau dimanche de novembre.

* et non, je ne suis pas parano-libertaire-anarchiste, enfin peut-être, mais
Helvetas, la DDC ou d’autres qui tentent de faire changer les choses,
montrent clairement que la réalité est bien pire que les pires fictions:
Nestlé, Unilever ou d’autres « entreprises bien sous tout rapport »
sont responsables et/ou couvrent bien des exactions en Amérique latine et/ou en Afrique,
en toute impunité. En toute impunité.

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6 Responses to “Ces cochons de salauds de chômeurs. Tous des profiteurs!”

  1. Patricia Renard Says:

    Excellent article qui décrit parfaitement bien le monde tel qu’il est devenu. Tous à la botte des lobbies. Et il y a si peu « d’indignés » que ces compagnies, leurs actionnaires et les politiciens peuvent dormir tranquille! Eux!!

  2. stephanie Says:

    Tu vois que tu as des choses à dire. Le pire dans tout cela, c’est que tu malheureusement raison sur toute la ligne.

  3. essaipat Says:

    Merci de votre soutien. Je me sens moins seule. Je viens d’avoir une discussion dominicale passionnante à ce sujet: en gros, « c’est notre faute à nous si on se fout de nous. On a qu’à voter pour des gens qui font changer les choses. »
    Le même interlocuteur a osé (dans le même temps…) le « de toute façon, si on ne laisse pas faire comme elles veulent les Novartis et cie, elles iront ailleurs. Et on sera encore plus emmerdé. »
    Je résume: il ne nous reste qu’à nous pendre. En gros. Mais peut-être que mon interlocuteur avait raison. Tout compte fait. Allez savoir.
    Mais, moi, les indignés me font du bien. Pas vous?

    • Patricia Renard Says:

      Trop facile de dire ça. Si dans l’histoire personne n’avait jamais réagi, il n’y aurait jamais eu de changements positifs. Oui les indignés ça fait du bien et ce n’est que le début. Il arrive un moment où trop d’inégalités mènent a la révolte et où les moutons refusent de se laisser tondre!!

      • essaipat Says:

        A mon interlocuteur de dimanche dernier, je peux désormais répondre par cet excellent article de Domaine Public (http://www.domainepublic.ch/articles/18903) qui dit pourquoi nous DEVONS mettre le nez dans les affaires de Novartis & Cie: parce que « l’industrie pharmaceutique pratique la socialisation des coûts et la privatisation des bénéfices », voilà pourquoi; et que cela s’appelle « se f… de notre g… » en bon français.

      • Patricia Renard Says:

        Merci pour le lien! Si jamais, pour les lecteurs de la région de Nyon: manifestation au sujet de Novartis, samedi 12 novembre dès 10:00, quartier Rive-est!


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