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Quand les migrants, c’étaient nous. 3 août 2011


MARIO DESIATI, 34 ans, auteur du roman « Ternitti » (éditions Mondadori) est arrivé à la troisième place au prix Strega (équivalent de notre Goncourt).

Des Pouilles jusqu’en Suisse, dans les années 70. La vie de Mimì, comme celles des autres émigrés italiens, est marquée par les difficultés. Et l’envie de rentrer à la maison.

De Lisa Corva

Seul un poète pouvait transformer un poison en un roman: à commencer par le titre « Ternitti » qui, en dialecte, veut dire Eternit, amiante, celui de la fabrique en Suisse où nous portent les premières pages du livre.

Ce poète, c’est Mario Desiati, 34 ans, qui, avec ce roman (son quatrième) est candidat pour les éditions Mondadori au Prix Strega (depuis, on sait qu’il ne l’a pas obtenu).  » Des fois, rien n’est plus offensant pour une femme que la poésie »: est-il écrit dans ce roman. Une provocation, vu que Desiati a débuté à 20 ans en écrivant des poésies. L’héroïne du roman est Mimì, que nous rencontrons enfant, dans les années 70 en Suisse, dans la « maison de verre » où elle et ses parents campent en compagnie d’autres émigrés italiens, ouvriers à l’usine d’amiante. Amiante qui empoisonnera le père. Nous la suivons quand, encore adolescente, elle tombe enceinte; quand elle retourne dans les Pouilles pour y élever, seule, sa fille, vraie femme méditerranéenne, solaire et sauvage.

Vous auriez pu tomber amoureux d’une femme comme elle? Ou choisiriez-vous plutôt la fille, Arianna, plus contemporaine?

« Je choisis Mimì, même s’il y a mille raisons d’aimer Arianna. Et bien, que ni l’une ni l’autre ne partagent mes sentiments… ».

Alors qu’aujourd’hui, les barques de réfugiés échouent à Lampedusa, votre livre rappelle le temps où c’étaient nous, les Italiens, sur ces barques-là?

« Oui, même si, désormais, comme c’est amplement démontré dans ce pays xénophobe, plus personne ne veut s’en souvenir ».

En ce moment, votre livre « Il paese delle spose infelici » (Le pays des épouses malheureuses) est en voie de devenir un film. Le metteur en scène est un autre jeune Apulien, Pippo Mezzapesa. Irez-vous sur le tournage du film?

« J’étais présent pour le premier clap et j’ai revêtu les habits d’un prêtre pour un cameo*. On m’a dit que j’étais inquiétant en soutane… Ce fut un petit miracle pour moi de me voir en face des trois protagonistes du livre… Un d’eux, Veleno (poison), tourne avec les vêtements de quand j’avais 15 ans: un truc à m’envoyer chez le psychiatre! Mais le film est une œuvre différente du livre. C’est un film de Pippo Mezzapesa, point ».

Ordinateur portable, natel, iPod: vous ne pourriez vivre sans…

« Mon téléphone. C’est là que se cachent mes ambitions perdus et mes secrets compromettants. Qui l’intercepte, me possède… ».

Dans votre livre, il y a la mer, les processions, les fêtes paysannes, « le parfum de la tomate fraîche qui cuit dans un fourneau à bois, la terre baignée de la fin de l’été ». Alors que vous habitez et travaillez à Rome. Vous souffrez de nostalgie?

« Je retourne dans les Pouilles une fois chaque deux mois. Puis, quand j’y suis, j’ai envie de fuir. Pourtant, je réfléchis au fait qu’il est peut-être temps d’y retourner: à 34 ans, c’est encore possible. »

Et où est donc votre endroit de prédilection dans les Pouilles?

« Martina Franca. Où je suis né. Le dimanche matin ».

(*dans un film, apparition fugace d’une personnalité)

Texte paru en italien dans le magazine Grazia, rubrique « Storie italiane ».  Traduction par mes soins. 

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