Patrizia a un avis sur tout

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Du prix – scandaleux – des loyers 7 avril 2011


Récemment, les journaux (surtout certains, disons) ont fait leurs choux gras d’un fait jugé, hop!, scandaleux par eux. Jugez plutôt: d’anciens élus et/ou employés de l’état louaient un appartement, une villa à des prix défiant le marché. Ces veinards devaient à tout prix être dénoncés avec la véhémence qui s’impose dans ce genre de cas. Voilà, voilà.

Sauf que, personnellement, j’avais comme un léger malaise à lire cette descente en flèche – et en règle – de l’Etat et des soi-disant profiteurs qui bénéficiaient de passe-droit. Les vilains.

Sauf que, dès le premier jour de ce fantastique scoop, je me demandai d’emblée en quoi louer un truc pourri, pas retapé, sans cuisine aménagée, ni salle de bains ou presque (comme l’ont à chaque fois décrit les locataires « pris en faute ») à un bas prix relèverait de l’escroquerie? En quoi le prix du marché doit-il être la référence? Une référence fixée par qui? Les promoteurs, ces bienfaiteurs de l’intérêt commun? Ou les gérances, directement intéressées puisque leurs honoraires dépendent du montant des loyers? En se basant sur quoi? Les loyers actuels? Franchement, sans rire, à vous, les loyers actuels paraissent justes? Vous semblent-ils refléter une quelconque réalité? La propagande concernant le marché et ses – prétendues – vertus est telle qu’on en arrive, les benêts, à geindre en chœur sur le sort des gérances qui nous tondent. Fort quand même, non?

D’ailleurs même l’ASLOCA partage mon avis, c’est dire!  Sous le titre « Des loyers de faveur? », Jacques-André Mayor livre une excellente analyse de la situation et rappelle par ailleurs quelques bonnes vérités. Voyez par vous-même:

(…) Les dénonciateurs de ces « affaires » ont parlé de loyers de faveur. Cela signifierait qu’ils seraient anormalement bas. Par rapport à quoi? Lorsqu’une collectivité publique met en location un logement, elle doit le proposer à un loyer non abusif, qui permet un rendement correct de son investissement, ni plus, ni moins. L’ASLOCA s’attend à ce qu’elle adopte un comportement exemplaire et qu’elle ne profite pas de la pénurie pour demander un loyer excessif. Ce n’est pas le marché qui doit fixer le loyer, mais le rendement de l’objet loué! Rien ne permet de dire que les loyers dénoncés dans la presse seraient anormalement bas.

Rhââââ, j’aime ça, l’intelligence et l’esprit critique! Ça permet, entre autres, de ne pas bêler avec les moutons contre de prétendus abus qui cachent les vrais (genre: 10 000 francs le mètre carré pour un 3 pièces pourri sous-gare à Lausanne). Alors, non, ces loyers-là n’ont rien de scandaleux. Ce qui l’est par contre, c’est le prix actuel du logement, qu’on cherche à acheter ou à louer d’ailleurs.

Lu dans ASLOCA Intersections du mois de mars 2011,
(bulletin trimestriel de l’Association suisse des locataires,
section Lausanne, Morges et Renens)

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2 Responses to “Du prix – scandaleux – des loyers”

  1. Gillou Says:

    Bonjour,

    Ces locations sont scandaleuses car les logements sont attribués entre amis et relations. Bien d’autres personnes que les élus et anciens employés de l’état aimeraient bénéficier de telles conditions. C’est ce favoritisme qui gêne.

    Et quel locataire irait dire qu’il loue un superbe appartement rénové pour une bouchée de pain? Il ne faut pas croire tout ce que l’on vous raconte, cf. ce ministre français qui disait avoir un petit logement… 240 m en duplex! (Gaymard, je crois)

    Enfin, s’il faut faire 50 000 francs de travaux dans un appartement pourri pour bénéficier ensuite, pendant 10 ans, d’un loyer inférieur de 2 000 francs par mois au prix du marché, le calcul est vite fait. Je prends!

    Il ne faut pas défendre les locataires en bloc… pas plus que les propriétaires, d’ailleurs.

    Gilles

    • essaipat Says:

      Merci pour cet avis. D’accord pour l’éventuel favoritisme (je n’ai pas de preuve et ce n’est pas le point qui m’indignait, donc….) Moi, ce qui m’interpelle dans cette affaire et à chaque fois (et la raison pour laquelle je réagissais), c’est la référence au « prix du marché ». Qu’est-ce que c’est que le prix du marché? Celui fixé par les propriétaires, régies et/ou autres. Point. En 10 ans, on est passé d’un prix de 1500 francs pour un 4 pièces correct (mais pas luxueux et pas agencé) à plus de 2500 francs (charges non comprises, sinon c’est moins drôle). Les salaires ont-ils augmenté d’autant? Non. Les charges des propriétaires ont-elles autant augmenté? Non. CQFD. Le prix du marché est en réalité une vaste fumisterie pour nous faire avaler des loyers surfaits. On peut s’indigner du favoritisme. On ne peut pas décider que le loyer est trop bas en se référant à un prix d’un marché surréaliste qui ne correspond à rien de concret. Je persiste à penser qu’une famille devrait pouvoir se loger à moins de 2000 francs par mois (et pas dans un studio).


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