Patrizia a un avis sur tout

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« La maison du bord de mer » d’Anita Shreve, aux éd. Belfond 28 février 2011


Après « Un mariage en décembre » et surtout Une scandaleuse affaire, j’avais envie d’aller voir d’un peu plus près cette romancière américaine, auteure de nombreux romans. A la bibliothèque (où le risque de se tromper ne coûte rien), j’ai trouvé « La maison du bord de mer ». La photo de couverture – avec ses couleurs passées et sa nostalgie revendiquée – d’une jeune femme en maillot de bain une pièces des années 20, le regard tourné vers le lointain était déjà une promesse de voyage à elle seule.

Alors, qu’en dire? J’ai passé un agréable moment en compagnie des protagonistes de ce roman. Il y a Honora, employée de banque mariée à un représentant de machines à écrire qui leur achète une maison décrépie sur la plage; McDermott, contrôleur de machines à la filature, que le bruit de celles-ci a rendu sourd; Alphonse, petit garçon français qui croule sous les tâches et ne mange jamais à sa faim, lui aussi ouvrier à la filature; et Vivian, bourgeoise et insouciante, désœuvrée et nonchalante.

Sans jamais perdre de leur verve, ni l’identité que leur a donné leur classe sociale, tout ce beau monde va au hasard d’événements brutaux – le krach boursier de 1929 et les grèves des filatures qui s’ensuivirent, matées dans la violence par le patronat – se rencontrer, s’entraider, apprendre à se connaître et se lier d’amitié. Cela finira mal comme dans les vraies histoires et les « méchants » ne seront pas inquiétés.

Voulez-vous que je vous dise? fait Honora. Quand on lit le mot « massacre », on pense: Je sais ce que ça signifie. Ça signifie exterminer des innocents. Et on continue à lire. On arrive au mot « procès ». Ou au mot « condamnation ». Mais… quand c’est à vous que ça arrive, vous vous rendez compte qu’en eux-mêmes les mots ne signifient rien. Ils n’expriment rien du tout. Ils ne traduisent même pas une infime partie de l’horreur que vous avez vécue, vous ne trouvez pas?

Côté écriture, c’est sûr que ce n’est pas Proust (que je n’ai pas lu), ni même Mauriac (que j’ai lu à l’adolescence), mais bon, ça se laisse lire. L’intrigue est intéressante. Les personnages sont crédibles, les événements à peine décrits, juste ce qu’il faut pour installer l’ambiance et pour qu’on comprenne ce qu’ils furent pour une large tranche de la population. On se prend d’ailleurs, du coup, à souffrir pour ceux que les récents subprimes ont laissés sur le carreau. Comme une duplication (duplicité?) de l’histoire qui, soi-disant, jamais ne se répète…

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