Patrizia a un avis sur tout

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La « bien-pensance » 6 février 2011


J’ai un vrai problème avec la bien-pensance en général, mais en matière de sexe ou de genre, elle atteint des sommets. Ainsi, dans la bien-pensance actuelle, la prostitution, c’est mal. Point. Le porno, c’est sale et malsain. Point barre. Je ne vais pas entrer dans le débat (ou peut-être une autre fois), mais d’une façon générale, j’exècre les gens qui veulent réglementer la sexualité entre « saine » et « malsaine » selon des critères qui ne sont pas souvent « sains » justement, mais sous-tendus plutôt par un ordre moral. Sans même parler de ceux qui la catégorisent par genre (en gros, les hommes sont des cochons, les femmes sont fleur bleue; les hommes tous des salauds, les femmes des victimes, les gays aiment tous tendrement les femmes, les lesbiennes sont toutes des camionneuses: vous avez, je pense, compris mon point de vue). Donc, on parlera (ou pas) de bien-pensance sexuelle une autre fois (ou non) sur ce blog.

Celle qui m’occupe aujourd’hui, a eu lieu il y a quelques temps déjà sur un blog que j’aime bien aller visiter de loin en loin. L’auteure donnait son avis sur tout un tas de livres au nombre desquels Lolita de Vladimir Nabokov et La nostalgie de l’ange d’Alice Sebold. Je n’ai pas lu le premier (ou je ne m’en souviens pas) et je n’ai fait qu’effeuiller le second, tant le sujet m’a paru racoleur dès les premières pages. A propos de ce dernier, elle disait ceci:

A vomir. Honteux. Pourquoi l’héroïne qui intervient dans la vie de nombreux personnages n’intervient pas pour faire inculper son bourreau? Comment peut-elle utiliser le corps d’une amie et la faire violer après ce qu’elle a subi? Dégueulasse et la bio de l’auteure n’excuse rien.

En quoi un roman se doit-il d’être moral? Ce fut, en substance, ma réponse. J’y défendais la liberté de créer des personnages fictifs, représentatifs de ce qu’est la vie (si, si, dans la vraie vie, les victimes ne sont pas toutes dévouées à la cause; non, non, elles ne sont pas toutes des gentilles filles et oui, oui, dans les tours du World Trade Center, y a certainement eu pas mal de salauds – et de salopes –  qui sont mort(e)s le 11 septembre 2001). Et en quoi le viol dont aurait été victime l’auteure du roman devrait-il l’empêcher d’écrire ce qu’elle veut? La liberté d’expression d’une victime de viol n’existe-t-elle plus, effacée au profit de la cause – déclarée juste – de ses sœurs en souffrance?

S’ensuivit une discussion des plus âpres sur le sujet, le droit des femmes, la violence qu’elles subissent tous les jours, les inégalités, blablabla, dans un grand micmac où tout était allègrement mélangé. En filigrane des réponses de cette bloggeuse, apparaissait l’idée du modèle qu’aurait dû donner (à la société) l’auteure sur le sujet. Ce que son héroïne aurait dû faire. De juste et de politiquement correct.

Heu… pourquoi?

Il me semble que la question mérite réflexion, non?

Ensuite, vint le reproche que, au nom de la liberté de s’exprimer de l’écrivaine,  je l’empêchais de s’exprimer elle sur son propre blog… En fait, je n’ai absolument pas réussi à faire entendre mon point de vue (sage et éclairé comme il se doit) et j’ai laissé tomber.

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2 Responses to “La « bien-pensance »”

  1. mlle-cassis Says:

    A propos de bien-pensance: je ne sais pas si ce qui me hérisse le plus est cette « bien-pensance » dont tu parles ou les passages (de cul, violence, grossièreté, …) gratuits et maladroits juste pour choquer.

    J’aime, dans une œuvre, que les choses aient une raison d’exister. Et que si elles me dérangent, ce ne soit pas uniquement parce qu’on a voulu faire de l’audience en choquant du bourgeois, mais peut-être me confronter à mes propres limites.

    • essaipat Says:

      Je partage ton point de vue. Ce que tu décris s’appelle d’ailleurs du racolage et c’est utilisé quotidiennement par la presse, la TV, dans les romans ou les « films ». Mais autant j’ai besoin que, dans une œuvre, les choses aient du sens, autant j’exècre les auteur(e)s qui « se touchent ». La masturbation intellectuelle, très peu pour moi 😉


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