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Mother & Child de Rodrigo Garcia 24 janvier 2011

Filed under: Je vais au ciné — essaipat @ 19:47

Intéressant, mais inégal

Les mères et leurs enfants. Les enfants et leurs mères. Comment font les mères pour supporter leurs enfants, pour survivre à l’abnégation que nécessite l’élevage d’un petit d’homme et dont la tâche leur échoit encore prioritairement? Pourquoi deviennent-elles mères? Devenir mère, c’est affronter un tsunami qui balaie certitudes et idées reçues dès l’accouchement (sorte d’avertissement sur ce qui attend les mères à l’avenir).

La maternité côté fille et côté mère. Mère-fille ou mère-fils, quelle différence? On nous bassine sur les prétendues difficiles relations mères-filles qui le seraient de manière quasiment génétiques à partir de l’adolescence. Autour de moi, les fils n’ont pourtant pas des relations plus simples avec leurs mères… La maternité n’est pas chose facile. Et le restera tant que les pères n’auront pas eux aussi la responsabilité du désastre éducatif – quand désastre il y a – qu’on reproche majoritairement aux mères. Qu’est-ce qui fait la bonne – ou la mauvaise – mère? Pourquoi, d’ailleurs, ce reproche n’est-il jamais fait aux pères?

Vous l’avez compris, la maternité ne cesse de m’interpeller. Du coup, je ne pouvais pas manquer le film de Rodrigo Garcia dont c’est le thème principal. Alors qu’en dire?

L’émotion est au rendez-vous, les envies de pleurer nombreuses, le jeu des acteurs tout en finesse. Et on y croit. Ainsi, on souffre avec Noami Watts qui, dents qui rayent le parquet et fêlures invisibles, campe Elisabeth, une jeune et brillante avocate ne voulant rien savoir de ses origines. Ni de son enfance puisqu’elle a même coupé les ponts avec sa famille adoptive. On s’attache à cette jeune femme – en apparence dure – qui s’adonne à des compulsions sexuelles sans avoir vraiment conscience du mal qu’elle fait. Jeu parfait. Juste de bout en bout. On admire d’ailleurs la scène de l’orgasme qu’elle s’offre en chevauchant son patron. Une scène plus vraie que nature et bien loin des simagrées hystériques qu’on voit parfois dans certains films (vous savez ceux ou la fougue le dispute avec le ridicule).

J’ai eu plus de peine à m’attacher à sa mère biologique, celle qui l’a mise au monde quand elle avait 14 ans et qui l’a abandonnée sous la pression maternelle. Karen porte bas une cinquantaine aigre. C’est Annette Bening qui joue – plutôt bien d’ailleurs – cette femme malheureuse, définitivement malheureuse, d’avoir dû abandonné son bébé 37 ans plus tôt. Néanmoins, il manque une dimension à ce personnage. Je ne sais trop laquelle parce qu’Annette Bening excelle en femme aigrie et en colère (rentrée) n’attendant plus rien de la vie. Cependant, un sentiment d’inachevé plane sur sa relation avec sa propre mère impotente dont elle s’occupe en partie, cette mère qui l’a obligée à abandonner son bébé, 37 ans plus tôt. Le portrait de leur relation est à peine esquissé, et même esquisser, le mot est un peu fort, c’est dire.

D’autres – trop nombreux – personnages occupent aussi le devant de la scène. Et c’est dommage. Parce que, du coup, on perd en profondeur, les différentes histoires de chacun et chacune m’ont embrouillée, j’ai passé trop de temps à chercher où elles pourraient se recouper (ce qu’elles ne font pas forcément, ou alors de loin en – très! – loin).

Il y a le soupirant de Karen au cœur bien accroché (pour supporter les brimades de celle qu’il courtise), mais doux comme un agneau, l’aide et femme de ménage qui s’occupe de la vieille mère de Karen quand cette dernière travaille. La fille de 7 ou 8 ans de cette femme de ménage. Un couple en demande d’adoption, la sœur (religieuse) chargée de celles-ci… Leur portrait est ébauché, joliment dépeint, mais on reste sur sa faim.

Néanmoins, j’ai passé un moment intéressant et je ne regrette pas d’être allée le voir. Bon film!

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